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06.07.2018

La blockchain monte à bord de la voiture connectée

Les industriels du secteur automobile s’intéressent de près à la blockchain. Les applications potentielles sont très diverses et dépassent le champ d’action des seuls constructeurs et équipementiers.

BMW, Bosch, Ford, General Motors, le groupe Renault, etc. :  ils étaient 36 partenaires à annoncer le 2 mai dernier la création du consortium MOBI, acronyme de Mobility Open Blockchain Initiative. Ce consortium regroupe essentiellement les constructeurs et leurs équipementiers ainsi que des experts de la blockchain. Objectif : réfléchir aux applications de cette technologie dans l'automobile. Dirigé par Chris Ballinger, ancien directeur des services mobiles du Toyota Research Institute, ce consortium va réfléchir aux blockchains de l'automobile sous plusieurs angles : « MOBI doit travailler sur des standards cross-industries pour l'automobile » explique Sébastien Henot, Manager of Business Innovation à la cellule innovation de Renault, dans la Silicon Valley. « Imaginons que, demain, un nouvel entrant veuille proposer un service distribué sur des blockchains. Au lieu de devoir contacter chaque constructeur il lui suffira de s'appuyer sur ces standards pour que son service fonctionnent sur tous les véhicules. » Outre ces standards techniques, les constructeurs se regroupent afin de partager les cas d’usage ainsi que les business models, car l’objectif est bien de créer des écosystèmes économiques. « Tout le monde a travaillé sur le passeport digital du véhicule. Mais d'autres constructeurs ont pu imaginer des cas d'usage intéressants. Alimenter le travail sur les standards demande aussi d'avoir une réflexion plus large sur les cas d'utilisations » ajoute le responsable.

La blockchain, un outil pour reprendre la main sur les GAFA

Alors que l'industrie automobile est généralement un secteur où chaque constructeur innove indépendamment de ses concurrents pour en tirer un avantage compétitif, sur la blockchain, le mot d'ordre est de se regrouper en consortium. Il s’agit notamment de contrer les GAFA. Sébastien Henot souligne : « MOBI se veut être un écosystème ouvert et fondamentalement décentralisé. C'est un moyen d'adresser cet écosystème de manière groupée. Traditionnellement, les OEM [NDLR : constructeurs automobiles] développent leurs solutions technologiques chacun de leur côté, or des IBM, Google ou Apple proposent des solutions technologiques transversales qui prennent le pas sur les constructeurs. » Certains vont plus loin et estiment que le caractère fondamentalement décentralisé des blockchains en fait l'alternative aux modèles qui ont émergé jusqu'ici sur Internet et qui évoluent systématiquement vers la création de monopoles mondiaux. « Si demain Google ou Apple veulent que les constructeurs utilisent leurs blockchains, ils s’arrangeront pour devenir propriétaires de l'autoroute dont ils nous feront payer le péage. C'est exactement ce qui se passe depuis des années sur l'infotainment où ce sont eux qui détiennent aujourd’hui la valeur » résume Sébastien Henot. Lorsque ses groupes de travail seront formés, MOBI va travailler à la mise en place de blockchains contrôlées par les constructeurs. En effet, si d'autres acteurs techniques comme IBM participent aux travaux du consortium, seuls les OEM auront un pouvoir décisionnaire.

« Si demain Google ou Apple veulent que les constructeurs utilisent leurs blockchains, ils s’arrangeront pour devenir propriétaires de l'autoroute dont ils nous feront payer le péage », Sébastien Henot.

Les premiers cas d'utilisationen cours de test

Si ces constructeurs, qui représentent 70% de la production automobile mondiale, s’intéressent aujourd’hui à la Blockchain et ont souhaité se regrouper dans MOBI, c’est que les premiers cas d'utilisation sont en train d'apparaître et qu'il est désormais temps de coordonner leurs efforts. Parmi les premières initiatives figurent celles du Toyota Research Institute qui présentait l'an dernier lors de la conférence Consensus 2017 ses premiers "proofs of concept". Des démonstrateurs développés avec Oaken Innovations, une start-up qui fait aujourd’hui partie des membres fondateurs de MOBI. Les partenaires ont créé un système d'ouverture du véhicule par application mobile sécurisée au moyen d’une blockchain Ethereum. Cette architecture a aussi été mise en œuvre afin que  le paiement des péages routiers puisse être effectué directement par le véhicule, sans recours à un opérateur de paiement.

Autre pionnier des applications blockchain dans le véhicule, Porsche qui, l'an dernier, a organisé un concours pour start-upsur ce thème. C'est l’équipe de la start-up XAIN qui s’est distinguée parmi la centaine de participants de cette compétition, et qui a pu expérimenter pendant 3 mois des applications blockchain auprès de l'industriel de Stuttgart. La start-up berlinoise a ainsi pu équiper une Porsche Panamera de sa technologie de mining et la mettre à profit dans divers cas d'usage. Ainsi, la blockchain a été utilisée pour stocker la position et les paramètres de fonctionnement de la voiture. Pour rehausser le niveau de protection du véhicule, la start-up a aussi créé une application de verrouillage/déverrouillage des portières reposant sur la blockchain. La technologie offline mise au point par la start-up a permis d’abaisser à 1,6 seconde le délai d’authentification préalable à l’ouverture du véhicule. Pour ce type d’application, une blockchain simplifie le partage de cette clé digitale entre les utilisateurs d’un service d'autopartage ou le site d’e-commerce qui voudrait effectuer des livraisons dans le coffre d’un véhicule.

Parmi les futures applications imaginées par Porsche, figure la recharge de ses futurs véhicules électriques via les « Smart Contracts », ces petites applications hébergées et exécutées dans la blockchain. Uwe Michael, Vice Président des systèmes électriques et électroniques de Porsche a ainsi déclaré : « Cette technologie moderne va faciliter notre offensive dans l'électromobilité, notamment grâce à une authentification à la fois plus rapide, simple et sûre aux bornes de recharge et du paiement. » Outre ces quelques projets rendus publics, de nombreuses autres applications sont à l'étude chez les constructeurs et leurs partenaires. Le communiqué de lancement de MOBI évoque ainsi 7 grands cas d'usage, parmi lesquels la supply chain pour le suivi des pièces de la voiture sur toute sa durée de vie, le paiement, le partage de véhicule, etc.

Un carnet d'entretien "blockchainisé" par l'IRT SystemX

A la base de toutes les applications futures, l'identité numérique du véhicule sera la clé. « Demain, chaque voiture aura son identité digitale sur la blockchain avec le numéro du constructeur, le type de véhicule, sa couleur, sa date de sortie d'usine, etc." explique Sébastien Henot. « Disposer de ces informations dans la blockchain permettra l'émergence d'un écosystème ouvert. Des acteurs tels que Speedy, Carrefour pourront proposer des services dans cette blockchain dès que leur clé aura été validée. S'il fait partie de cet écosystème, un nouvel acteur pourra lui-aussi ajouter des informations sur la réparation qui a été réalisée, par exemple. Ce type d’approche ne fonctionne que s'il y a un standard et que si ces acteurs tiers n'ont pas à utiliser un système pour Renault, un autre pour Peugeot, un troisième pour Audi, etc. »

« Demain, chaque voiture aura son identité digitale sur la blockchain avec le numéro du constructeur, le type de véhicule, sa couleur, sa date de sortie d'usine, etc », Sébastien Henot.

Cette notion de carnet d'entretien stocké dans la blockchain est l'un des projets sur lequel travaillent les ingénieurs/chercheurs de l'IRT SystemX. Ce projet fédère un large écosystème d'acteurs français puisqu'on y trouve un constructeur, le groupe PSA, les assureurs français via Covéa et plus récemment IMA, une société d'assistance routière. « Quand nous avons été sollicités par l’IRT SystemX il y a un peu plus de 2 ans pour travailler sur la blockchain, nous avions une certaine perplexité vis-à-vis de cette technologie. Nous nous sommes tournés vers notre DSI qui l’avait effectivement jugée intéressante » explique Aldric Loyer, responsable de l’équipe innovation en charge des infrastructures électroniques et du véhicule connecté du groupe PSA. Outre l'opportunité de travailler avec des chercheurs de pointe sur la blockchain et monter en compétence dans ce domaine porteur d'avenir pour l'industrie automobile, PSA y a vu le moyen de créer un consortium avant même que MOBI n'existe : « Quand on parle blockchain, on parle d’infrastructures distribuées dont le véritable intérêt est de mettre en place un consortium et d’adresser l’ensemble des partenaires d’un écosystème. Ce qui nous intéresse dans ce consortium avec l’IRT SystemX, c'est que s'il est plus modeste en termes de nombre de participants que MOBI, il est plus vaste en termes de secteurs puisqu’on y retrouve l’assurance, l’énergie, la logistique, ce qui va permettre de travailler sur des cas d’usage qui iront au-delà du seul périmètre automobile. » A la création du consortium, la digitalisation du carnet d’entretien est apparue comme le projet le plus pertinent, notamment afin de lever la méfiance de l’acheteur d’un véhicule d'occasion quant à l'état du véhicule. Infalsifiable, un carnet d'entretien hébergé dans une blockchain permet de faire toute la clarté sur l'entretien réel du véhicule, mais permet aussi de partager bien plus facilement l'information entre les acteurs du secteur.

C'est l'atout majeur qui a poussé Aldric Loyer à initier ce projet avec SystemX : « Nous avions déjà digitalisé le carnet d'entretien sur smartphone, mais celui-ci est spécifique à PSA et ne peut être mis à jour que lorsque le propriétaire du véhicule fait ses révisions dans le réseau PSA. Cette approche est trop limitée car le client veut disposer d’un choix plus large. La blockchain permet de mettre en place un système partagé entre partenaires, voire concurrents, qui peuvent avoir des intérêts divergents : c’est une promesse de transparence et de transversalité. »

Cette transversalité a intéressé Covéa (MAAF, MMA et GMF) notamment afin de traiter la problématique des véhicules accidentés déclarés en tant qu'épaves par les experts : " Parfois, des véhicules sont remis en circulation et entrainent des accidents mortels. Il est donc important de pouvoir tracer ces ’voitures épaves’ et s’assurer qu’elles ne reviennent pas sur le marché" explique Bruno Garçon, en charge du projet blockchain chez Covéa. "Avec une blockchain, nous pourrons certifier le rapport de l’expert,acter le transfert de propriété du véhicule à l’assureur et puis, certifier que l’épaviste a détruit le véhicule." Tout comme pour son partenaire PSA, Covéa souligne l'intérêt numéro 1 de la blockchain pour les acteurs du secteur automobile, qui rejoint cette notion d'écosystème : "Du point de vue de l’assureur, nous observons cette digitalisation du monde mais nous sommes dans un existant composé de silos où chacun garde ses données chez lui. Ce que nous souhaitons, c’est faciliter la vie du client, notamment au moment clé où celui-ci change de véhicule. Le changement de voiture et d’assureur est pour nous une opportunité de créer un écosystème de partenaires de natures différentes, au sein duquel nous pourrons disposer d’informations et proposer des services." Reste néanmoins à marier la transparence des transactions sur une blockchain et le besoin de confidentialité de certaines données ; aucun constructeur n'aimerait voir les données relatives aux pannes de ses véhicules accessibles à tous dans une blockchain publique ou même une blockchain de consortium accessible aux concurrents...

La voiture autonome va faire exploser le nombre d'applications blockchain embarquées

Pour l'heure, les premières applications blockchain pour l'automobile n'ont rien de très impressionnant ; Il s'agit essentiellement d'ajouter une couche blockchain pour sécuriser des applications existantes ou bien dématérialiser des documents existants. Néanmoins, les laboratoires d'innovation des constructeurs automobiles étudient déjà des applications et des scénarios d'usage bien plus ambitieux, voire futuristes. Ainsi, ceux-ci imaginent que la voiture autonome de demain pourra non seulement rouler sans conducteur mais qu’elle pourra aussi régler seule son stationnement, ses recharges électriques. "Nous n'en sommes qu'à gratter la surface de ce qui sera possible de faire à l'avenir, tant en termes d'expérience client, que de nouveaux business models" estime Sébastien Henot. "Si demain les véhicules sont autonomes à la conduite, ne devront-ils pas être aussi économiquement autonomes ? Un véhicule pourra gagner de l'argent en effectuant des courses dans la journée, qu’il pourra dépenser de manière autonome en réglant les péages, ses places de parking, ses recharges, ou même en négociant avec d'autres voitures une course à effectuer dans un quartier plus proche de l’une d’entre elles, voire en achetant à un autre véhicule le droit de le doubler !"

« Avec une blockchain ouverte, les tokens sont sur la blockchain et sont publics si bien que n'importe quel nouvel entrant pourra les accepter. Ce, sans nécessairement disposer de l'autorisation du constructeur, si tel est le choix de départ. » Sébastien Henot.

A plus brève échéance, Sébastien Henot imagine la mise en place de systèmes comparables aux "Miles" des compagnies aériennes mais portés par des blockchains. L'idée du responsable de Renault est bien de récompenser le conducteur d'un véhicule, mais selon lui, il faut aller plus loin que Daimler qui a présenté, lors du Mobile World Congres 2018, le MobiCoin, une cryptomonnaie qui vient gratifier l’automobiliste pour son éco-conduite. Les Miles tels que les imagine Sébastien Henot auront une portée plus large : "A la différence des Miles des compagnies aériennes, la blockchain est un écosystème ouvert. Dans un système fermé, la compagnie aérienne doit négocier avec l'ensemble de ses partenaires pour l'utilisation des Miles. Il faut dépenser des ressources pour intégrer les systèmes informatiques entre eux. Avec une blockchain ouverte, les tokens sont sur la blockchain et sont publics si bien que n'importe quel nouvel entrant pourra les accepter, et ce, sans nécessairement disposer de l'autorisation du constructeur, si tel est le choix de départ." Les nouveaux entrants pourront se greffer à cet écosystème à très faible coût. Des exploitants de parkings publics ou de bornes de recharge, ou même des enseignes de la grande distribution, pourront accepter les tokens d'un constructeur automobile pour accorder des discounts ou des services à leurs clients.

Certains imaginent le véhicule électrique de demain totalement intégré à l'infrastructure SmartGrid électrique, stockant l'énergie produite dans la journée, alors que les panneaux solaires produisent le plus, puis restituant l'énergie le matin ou le soir, lorsque la demande est forte, le tout géré par une blockchain. D'autres imaginent les voitures comme des relais mobiles pour la 5G qui pourront se rémunérer sur les accès télécom, etc. L'imagination est au pouvoir mais la technique n'est pas encore au rendez-vous.

Technologie et business model doivent encore mûrir

« L’adoption de la blockchain semble inexorable et on va stocker des données pendant des dizaines d'années. Il y aura un coût associé à la tenue opérationnelle de ces blockchains. Qui va payer ? »
 Aldric Loyer.

Officiellement créée en 2008 par le mystérieux Satoshi Nakamoto, la technologie blockchain est encore jeune et les Smart Contracts n'ont ajouté la dimension programmatique qu'en 2014. La technologie a montré sa résilience face aux cyberattaques mais n'est pas encore capable de répondre aux exigences techniques très élevées du monde automobile. Ainsi, Aldric Loyer explique : "La maturité technique de la blockchain n’est pas encore totalement acquise. Nous avions pensé à la blockchain dans les futures voitures autonomes pour certifier à quel moment le véhicule est sous la responsabilité du constructeur et à quel moment il passe sous celle du conducteur. Cette application est contrainte par des problèmes de temps réel fort. Or, les délais induits par la blockchain ne permettent pas d'y faire face."

Les performances actuelles des blockchains posent clairement problème aux industriels. Sébastien Henot pointe certaines des limites des blockchains actuelles : "Nous sommes actuellement limités par le volume de transactions par seconde : sur le bitcoin, un bloc de transactions n'est validé que toutes les 12 minutes, sur Ethereum, c'est un bloc toutes les 30 secondes. Des acteurs promettent d'atteindre les 10 000 transactions par seconde mais c'est encore dans leur roadmap et aujourd'hui ils sont plutôt à 50 transactions/seconde." Des chiffres notoirement insuffisants si on veut mettre en place une supply chain complète sur une blockchain ou embarquer des applications blockchain dans des millions de véhicules.

Autre écueil à résoudre, celui de l'élaboration de business models qui assureront la pérennité de ces blockchains. "L’adoption de la blockchain semble inexorable et on va stocker des données pendant des dizaines d'années. Il y aura un coût associé à la tenue opérationnelle de ces blockchains" explique Aldric Loyer. "Qui va payer ? Quel sera leur business model ?" Les acheteurs de véhicules paieront-ils ces blockchains ou les constructeurs lanceront-ils des ICO (Initial Coin Offering) pour lever les fonds nécessaires à ces investissements ? Tout est à inventer et beaucoup reste encore à faire avant que la voiture connectée et plus encore la voiture autonome ne puissent se passer de la blockchain. Tous les constructeurs automobiles l'ont bien compris et travaillent maintenant sur la technologie.

Source : L’Atelier
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26.10.2022

Sustainable Future Forum : Belgique, hub de l’hydrogène vert et rôle de l’UE

La Belgique a de solides atouts pour être le hub industriel et logistique de l’hydrogène vert en Europe. Les entrepreneurs, les banquiers et l’UE discutent des défis et des opportunités.

Lors du BNP Paribas Sustainable Future Forum mondial du 18 octobre 2022, cinq experts se sont réunis dans l’auditorium du nouveau siège de BNP Paribas Fortis à Bruxelles pour discuter de la contribution de l’Union européenne au déploiement global de l’hydrogène vert. Le rôle stratégique de la Belgique en tant que « porte d'entrée de l'hydrogène » industriel pour l’Europe occidentale a également été abordé dans le débat.

L’hydrogène, un maillon dans la décarbonisation de l’économie

L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau en utilisant de l’énergie renouvelable. L’UE considère l’hydrogène vert comme un levier important pour fournir une énergie propre, abordable et sûre dans le cadre de la transition vers une économie à faibles émissions de CO2. Exploiter ce potentiel du H2 durable est à la fois prometteur, mais la technique est complexe. Cependant, la situation en Ukraine, l’inflation élevée et la crise énergétique nous offrent un momentum que nous pouvons utiliser pour accélérer cette transition.

Le rôle de l’UE : coréguler et cofinancer

L’Europe soutient le déploiement de l’hydrogène vert principalement à deux niveaux. Tout d’abord, l’Union européenne travaille à une réglementation claire pour l’industrie et le marché. Les quotas de durabilité pour le transport et l’industrie peuvent ainsi stimuler le marché. En outre, la sécurité juridique est d’une importance capitale pour attirer des investisseurs privés en vue du développement urgent de nombreuses infrastructures de haute technologie.

L’UE prend des initiatives en proposant des actions concrètes et le financement de projets. Il n’empêche que 40% des entreprises ont besoin d’investissements privés. Ces moyens devraient être relativement facilement disponibles, car les sommes requises sont finalement assez faibles par rapport aux investissements actuels dans les combustibles classiques. Des entreprises comme Engie et DEME financent déjà des projets de grande envergure et sont prêtes à investir encore davantage si elles peuvent avoir des perspectives à long terme. En outre, des incitants suffisants sont requis, de manière à ce que la demande augmente aussi du côté de l’utilisateur. Si nous voulons atteindre tous les objectifs, une collaboration entre toutes les parties prenantes est nécessaire, tant au sein de l’Union qu'en dehors de celle-ci.

Les atouts de la Belgique en tant que hub de molécules durables

En Europe, nous restons tributaires des pays capables de produire de l’hydrogène durable à moindre coût. Il est dès lors d’une importance stratégique de diversifier l’approvisionnement en hydrogène et en autres molécules durables. Que ce soit pour l’importation et l’exportation, le stockage ou le traitement de l’hydrogène vert, la Belgique dispose de nombreux atouts pour être le hub de l’Europe occidentale.

Elle est située au centre d’une région stable et possède de grands ports qui desservent l'hinterland. De plus, notre pays dispose déjà d’un réseau solide pour le CO2 et le H2 et jouit d’une capacité offshore avec sa situation près de la mer du Nord.

Financement d’infrastructures d'hydrogène

Pour le financement de l’hydrogène, nous pouvons établir un parallèle solide avec les premières années de l’énergie éolienne offshore. À l’époque, nous avions encore beaucoup de questions, mais aujourd’hui, le cadre de l’énergie éolienne est clair. L’hydrogène connaîtra la même évolution. Dès qu’il y aura un « level playing field », les investissements suivront. Pour ce faire, BNP Paribas Fortis peut proposer les produits financiers connus.

Les intervenants

Les cinq intervenants sont des représentants de la Commission européenne, de la science, d'un producteur de H2du secteur maritime, de l’industrie de l’énergie et du monde financier.

Carla Benauges
Hydrogen and Innovation Policy Officer à la Commission européenne (DG CLIMA)

Christa Sys
Professeure à l’Université d’Anvers et titulaire de la Chaire BNP Paribas Fortis Transport, Logistique et Ports

Herbert Jost
General Manager Hydrogen chez DEME (dredging, land reclamation, offshore energy)

Eric Gosseye
Solutions and Partnerships Manager chez ENGIE

Hendrik Deboutte
Energy, Resources & Infrastructure chez BNP Paribas Fortis

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20.10.2022

CO2 Value joue pleinement la carte de l’économie décarbonée

Trottoir durable, e-carburant sophistiqué, robe tendance : lors de sa réunion annuelle, CO2 Value (partenaire de BNP Paribas Fortis) a expliqué comment le captage et l’utilisation du carbone pouvaient aider à défossiliser l’économie.

En fait, c’est très simple : les forêts et les océans absorbent le CO2 émis, mais la combustion des combustibles fossiles, l’industrie et l'exploitation des sols génèrent des émissions de CO2 telles que la nature ne parvient plus à y faire face. Et cela provoque le réchauffement climatique. Nous devons donc réduire les émissions de CO2 et miser davantage sur les énergies renouvelables. Malheureusement, cette solution n'est pas si simple à mettre en pratique, même s’il existe déjà de nombreuses technologies prometteuses pour accélérer la décarbonation. Et c’est précisément ce à quoi CO2 Value s’engage.

Économie circulaire du carbone

CO2 Value Europe (partenaire de BNP Paribas Fortis) est une organisation interprofessionnelle qui représente la communauté du CCU (Carbon Capture & Utilisation – captage et l'utilisation du carbone) en Europe. Elle vise une économie circulaire du carbone. Plus concrètement, elle recherche des méthodes et technologies alternatives pour capturer le CO2 et le recycler en matières premières durables utilisables, notamment pour les carburants, les produits chimiques et les matériaux de construction.

Cours accéléré de CCU

Cette année, à l'occasion de la sixième édition de la réunion annuelle de CO2 Value, le public était un peu plus diversifié que d’habitude. Outre les membres de l'organisation, les entreprises intéressées ainsi que les clients et clientes de BNP Paribas Fortis pouvaient également y assister ; et c’est ce qu’ils ont fait en nombre. Le captage et l’exploitation du dioxyde de carbone constitue un sujet brûlant d'actualité. De nombreuses entreprises sont en faveur d’une transition durable et souhaitent se décarboner. Les personnes présentes ont bénéficié d'un cours accéléré de CCU, même si ce sont surtout les applications concrètes de ce processus qui ont été abordées.

Trottoirs durables

VITO (un organisme de recherche indépendant flamand dans le domaine des Cleantech et du développement durable) a donné un exemple de la manière dont la minéralisation du CO2 peut rendre le secteur de la construction plus durable. Cette technologie réduit non seulement les émissions de CO2, mais elle stocke en permanence le dioxyde de carbone dans des produits de valeur tels que des briques et de nombreux autres matériaux de construction. Ainsi, à Gand, on trouve déjà un trottoir fabriqué en pierres durables.

Le CCU se met à la mode

Dans le secteur de la mode aussi, le CCU peut faire la différence, comme le prouve LanzaTech. Cette entreprise transforme les déchets de carbone en combustibles, substances, emballages et autres produits durables que les gens utilisent au quotidien. L’un d’entre eux est une fibre synthétique permettant de fabriquer des vêtements sans en compromettre le confort ni le style.

E-méthane

Les combustibles fossiles constituent toujours une source importante de CO2. Avec le projet Colombus, Engie, Carmeuse et John Cockerill unissent leurs forces pour développer un carburant alternatif qui aidera l’industrie et le secteur des transports à se décarboner. Le CO2 libéré pendant la production de chaux est capturé par Carmeuse, puis mélangé à de l’hydrogène vert d’Engie. Sur cette base, John Cockerill produit du méthane synthétique neutre en carbone ou de l’e-méthane par électrolyse comme alternative aux combustibles fossiles. Un bel exemple d’économie circulaire du carbone !

Partenariat durable

Partenaire de la première heure, BNP Paribas Fortis soutient pleinement la mission de CO2 Value. La durabilité est inscrite dans l’ADN de la banque et nous encourageons donc vivement la création d'une nouvelle chaîne de valeur circulaire et industrielle. En tant que banquier, nous prenons nos responsabilités et nous participons avec enthousiasme au développement de solutions innovantes qui rendent notre économie plus résiliente et plus durable.

Plus d’infos ? Consultez le site web de CO2 Value Europe.

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16.09.2022

Optez dès aujourd’hui pour les solutions de mobilité de demain

Les besoins en mobilité de vos collaborateurs changent sans arrêt et la législation évolue elle aussi à toute vitesse. Il est dès lors crucial pour votre entreprise de se préoccuper dès aujourd’hui de la mobilité de demain.

Un monde qui change

Aujourd’hui en visite chez un client, en voiture, demain en télétravail et vendredi en train puis trottinette partagée de la gare au bureau... Les besoins en mobilité de vos collaborateurs et collaboratrices changent sans cesse et la demande de solutions durables, intégrées et flexibles augmente constamment.

La législation et le contexte économique évoluent aussi à toute vitesse. Afin de rendre le secteur automobile plus durable, les pouvoirs publics ont défini des objectifs ambitieux. Des voitures de société ne produisant plus de gaz à effet de serre d’ici 2026 et une mobilité intelligente pour les déplacements domicile-lieu de travail, par exemple. C’est pourquoi de nombreuses entreprises envisagent aujourd’hui de passer d’une « car policy » à une « mobility policy » leur donnant accès à des moyens de transport alternatifs. Cependant, dans la pratique, lorsque vos travailleurs optent pour une mobilité combinée pour leurs déplacements, les formalités administratives se multiplient. Disposer dès maintenant d’une solution de mobilité digitale tournée vers l’avenir et adaptée à votre entreprise vous permet déjà de prendre une longueur d’avance.

Les collaborateurs veulent choisir eux-mêmes

Une mobilité multimodale est un atout important pour attirer et retenir les talents. Tout le monde ne trouve pas son compte dans la voiture de société comme seul moyen de transport. Les membres de votre personnel veulent pouvoir choisir comment ils se déplacent entre leur domicile et leur lieu de travail. Un jour, c'est la voiture qui est la meilleure option, le lendemain, c'est le vélo ou les transports en commun. Si vous opérez la transition vers une politique de mobilité flexible, vos collaborateurs et collaboratrices pourront choisir les solutions de mobilité qui leur conviennent le mieux. Pour qu’ils puissent se rendre au travail en toute liberté, et avec un sentiment de satisfaction.

Réduction des émissions de CO²

Un défi de taille nous attend. Dans notre pays, la mobilité et le secteur logistique sont responsables de pas moins de 22% des émissions de CO². Si nous voulons atteindre l’objectif européen – réduire les émissions de 55% d’ici 2030 –, nous devons adopter de toute urgence une mobilité plus verte. L’électrification de votre flotte combinée à une mobilité douce est déjà un pas dans la bonne direction. Les pouvoirs publics incitent à effectuer cette transition vers une mobilité zéro émission en décourageant fiscalement les véhicules utilisant des carburants fossiles et en récompensant l’électrification. Cependant, ne pensez pas qu’il suffit d'acheter ou de louer des véhicules électriques.

Vers des solutions de mobilité intelligentes et intégrées

Les cartes de mobilité qui offrent une solution tout-en-un pour tous les déplacements professionnels des membres de votre personnel sont encore relativement peu connues, mais fonctionnent très bien. Elles offrent ainsi la possibilité de réserver et payer tous les moyens de transport utiles, de la voiture de leasing aux transports publics en passant par le taxi et la mobilité partagée de vélos, scooters, trottinettes et voitures. Elles permettent également de faire le plein de leur voiture de leasing, de la recharger, et de payer le parking et le car wash.

Les plateformes et applis de mobilité vont encore plus loin : elles proposent la solution multimodale idéale en temps réel, en fonction des besoins et des conditions de circulation. Par exemple : prendre la voiture jusqu’à la périphérie de Bruxelles et ensuite prendre une trottinette électrique, ou se rendre au bureau à vélo par beau temps. L’utilisateur de l’appli de mobilité peut en outre acheter directement un ticket auprès du fournisseur approprié, avec un budget mobilité mis à disposition par l’employeur via une plateforme de mobilité liée. Une plateforme de ce type permet aux employeurs d’établir leur « mobility policy » en fonction de leurs besoins spécifiques. Toutes les solutions de mobilité des travailleurs sont ainsi gérées sur une même plateforme. En outre, le tout est directement relié au « payroll » du secrétariat social. De cette manière, celui-ci a à tout moment connaissance de la situation réelle des travailleurs et les salaires sont toujours calculés correctement, en tenant compte des plans et dépenses de mobilité individuels.

Dites adieu aux embouteillages et tracasseries administratives, et bonjour à la mobilité durable !

Vous voulez élaborer une politique de mobilité qui répond aux besoins variables de vos collaborateurs, et miser sur la durabilité ? Nos experts se feront un plaisir d'y réfléchir avec vous.

Les solutions de mobilité sont proposées par Arval Belgium SA, par l'intermédiaire de BNP Paribas Fortis SA, Montagne du Parc 3, B-1000 Bruxelles, RPM Bruxelles TVA BE0403.199.702.
Les informations fournies ici ne constituent pas une offre. Une offre ne sera émise qu’après acceptation de votre dossier et sera toujours soumise aux conditions générales d’Arval Belgium SA.

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01.07.2022

CO² Value Europe : un partenariat pour une économie circulaire du carbone

La banque s’associe à CO² Value Europe, une organisation qui vise le déploiement de technologies de capture et d’utilisation du CO² comme matière première.

Et s’il était possible de capter le CO2 pour le recycler et l’utiliser comme matière première, plutôt que de faire appel au carbone fossile ? Chez CO2 Value Europe, il ne s’agit pas d’une vision futuriste, mais d’une ambition très concrète, qui se base sur le concept de « Carbon Capture Utilisation » (CCU). En cours de déploiement chez de plus en plus d’acteurs industriels, ces technologies ont le potentiel de faire une véritable différence dans la lutte contre le changement climatique.

La naissance d’une solution

« Pour de nombreux secteurs industriels, se passer entièrement de carbone s’avère très difficile, voire impossible », rappelle Célia Sapart directrice des communications et des sciences climatiques chez CO2 Value Europe. « Il ne s’agit pas seulement de réduire nos émissions de CO2 pour atteindre des objectifs climatiques, mais aussi d’apporter une solution pour répondre à la demande croissante en carbone liée à la transition qui doit se faire en réduisant au maximum l’apport du carbone fossile. Notre but est de développer une économie circulaire du carbone, en capturant le CO2 des fumées industrielles ou directement dans l’atmosphère et en le transformant en différents types de produits nécessaires, comme les matériaux de construction, les produits chimiques de base et les carburants renouvelables. Il s’agit donc de réduire nos émissions tout en « défossilisant » notre économie. » 

Un milliard de tonnes de CO2 chaque année

Un projet fou ? Au contraire : « De nombreuses initiatives se développent et les choses s’accélèrent,  mais il manque aujourd’hui un cadre législatif et réglementaire pour passer à la vitesse supérieure », confie Célia Sapart. « Contribuer à définir ce cadre est d’ailleurs l’une des raisons d’être de CO2 Value Europe, car notre but est de permettre aux technologies CCU qui ont un impact positif prouvé scientifiquement sur notre environnement de se développer à grande échelle. Nous plaidons dans ce sens auprès des autorités européennes pour que le concept du CCU soit considéré à sa juste valeur et pris en compte, par exemple dans le système européen d’échange de quotas d’émission (l’ETS). Nous sommes convaincus que ces technologies, développées dans un contexte clairement défini et réglementé, feront la différence et pourront permettre une diminution significative des émissions de CO2 chaque année, comme le révèlent plusieurs études reprises dans le dernier rapport d’évaluation du GIEC. »

Un échange d’expertises

« Nous voyons ce nouveau partenariat avec BNP Paribas Fortis comme un véritable partage de connaissances », souligne Anastasios Perimenis, secrétaire général chez CO2 Value Europe. « Pour accélérer la transition et pour que les premiers projets d’envergure voient le jour et en inspirent d’autres, nous avons besoin de soutiens financiers. BNP Paribas Fortis peut nous aider à comprendre quels critères sont importants pour aider au financement des projets CCU les plus prometteurs et nous mettre en contact avec des acteurs clés. De notre côté, nous apportons nos connaissances et notre expertise pluridisciplinaires sur le CCU afin d’augmenter les investissements vers les technologies  qui contribuent à la transition vers une industrie circulaire, plus durable et défossilisée. » 

Notre soutien en tant que banque

« Nous sommes très enthousiastes à l’idée de travailler avec CO2 Value Europe », insiste Didier Beauvois, Head of Corporate Banking et membre du Comité exécutif de BNP Paribas Fortis. « Pour son impact sur le climat, bien sûr, mais également pour encourager la naissance d’une nouvelle chaine de valeur circulaire et industrielle. Chez BNP Paribas Fortis, nous partageons l’ambition de CO2 Value Europe et voulons jouer pleinement notre rôle de banquier, en contribuant au développement de solutions innovantes, qui rendent notre économie plus résiliente et plus durable. »  

Mettre notre expertise et nos relations au service de celles et ceux qui cherchent des solutions pour une industrie meilleure et plus respectueuse de l’environnement, c’est ça aussi le Positive Banking.

En savoir plus

Visitez le site de CO2 Value Europe.

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