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01.07.2020

Quelles innovations pour une meilleure performance énergétique des bâtiments ?

Le secteur du bâtiment pèse lourd dans la balance "environnementale"… C’est pourquoi toutes les entreprises sont concernées par les économies énergétiques de leur parc immobilier. Mais avec quelles solutions ?

C’est l’un des enjeux majeurs de l’urgence climatique : la performance énergétique des bâtiments. Tant pour les particuliers que pour les entreprises. En Europe, ce secteur est responsable de 42% des consommations d’énergie (dont 70% en chauffage et climatisation) et de 30% des émissions de CO2. Gouvernements et entreprises doivent donc s’engager pour optimiser l’efficience de leurs immeubles. La bonne nouvelle ? Des solutions innovantes voient peu à peu le jour…

Des évolutions plutôt qu’une révolution

"Pour les entreprises comme pour les particuliers, on assiste surtout à l’amélioration des technologies existantes ainsi qu’à la baisse des prix de certains matériaux et composants", explique Quentin Nerincx, Senior advisor Cleantech au sein du Sustainable Business Competence Centre (SBCC). Dans le secteur du bâtiment, deux dimensions sont cruciales lorsqu’on aborde l’efficacité énergétique :

  1. L’enveloppe du bâtiment : c’est-à-dire l’isolation structurelle, le vitrage, l’étanchéité à l’air, etc.
  2. Les "techniques" : à savoir les techniques de chauffage, les LED, les systèmes de ventilation, les installations réfrigérées, etc.

Quelles innovations pour les particuliers ?

Pour le volet structurel des bâtiments ? Le marché évolue considérablement, entre autres sous l’impulsion de start-up innovantes. Une attention grandissante est ainsi accordée à des isolants naturels tels que l’association du chanvre et de la chaux ou l’utilisation de panneaux à base d’herbe des prairies. Des matériaux plus respirants qui permettent une meilleure régulation hygrométrique. Le triple vitrage devient également la norme, tant pour des questions de performance énergétique que de confort. Du côté des techniques ? Outre le recours croissant aux LED, l’innovation repose surtout sur la combinaison de différents systèmes pour améliorer l’efficacité énergétique d’un immeuble. "On évolue de plus en plus vers l’électrification des besoins", précise Quentin Nerincx. "En associant, par exemple, une pompe à chaleur à des panneaux solaires ou des batteries. Les premiers ont vu leur prix chuter considérablement, alors que les secondes, également plus démocratiques, offrent la possibilité de lisser et réguler les besoins."

Du côté des entreprises ? Un enjeu différent

L’optimisation de l’enveloppe des bâtiments est synonyme de contraintes et d’investissements importants."C’est du long terme, explique l’expert du SBCC, et les temps de retour sont très longs: 20 ou 30 ans". Une réalité qui tend à rendre plus complexe la transformation structurelle des constructions… "Le premier besoin des entreprises ? C’est le monitoring. Disposer d’instruments de mesure digitaux et d’outils de consulting pour avoir une vue claire sur ses consommations et ainsi pouvoir identifier les inefficiences." Les évolutions ? Elles s’observent donc principalement du côté des techniques : la régulation et la modification des systèmes de chauffage ou de ventilation, les LED, le recours aux panneaux solaires ou encore la mise en place d’installations réfrigérées en accord avec les nouvelles réglementations interdisant l’utilisation de certains gaz fluorés très polluants.

Des démarches innovantes

Comme l’explique Quentin Nerincx, l’innovation ne se cantonne pas aux aspects technologiques. Il faut regarder du côté des modèles pour voir les choses bouger… "Deux réflexions importantes se dégagent : celle autour des microréseaux électriques et celle menée autour du concept de demand response." Ces nouvelles approches reposent sur la notion de flexibilité énergétique. Le demand response propose ainsi l’optimisation de la gestion énergétique en ayant recours à l’intelligence artificielle (compteurs, installations, ensemble du système, etc.). L’idée ? Adapter la production ou la consommation d’énergie en fonction des besoins. "On peut imaginer qu’une entreprise accepte de baisser la température de ses frigos d’un degré — sans impact pour son activité — afin de soulager le réseau pendant un laps de temps. Et cela dans les deux sens. C’est innovant, car ces systèmes permettent de lisser la demande et empêcher d’atteindre des pics énergétiques. On évite ainsi de devoir augmenter les investissements dans la production d’énergie." Une solution gagnant-gagnant, puisqu’elle est à la fois plus rentable et plus écologique… Bien entendu, cela exige la mise en place d’équipements intelligents.

La performance énergétique "as a service"

Autre évolution inédite ? L’éclosion de la "servitisation" dans le secteur.

"C’est un nouveau paradigme pour les entreprises. Une façon différente de concevoir les économies énergétiques de leurs bâtiments", détaille Quentin Nerincx.

Le principe ? Proposer à l’entreprise d’investir dans un contrat de services de performance énergétique plutôt que dans des infrastructures ou des outils. Une approche qui est rendue possible par l’intermédiaire d’un installateur professionnel. Ce dernier s’engage à garantir un niveau d’efficacité énergétique — ainsi qu’à maintenir les techniques — et évite donc à l’entreprise de devoir mobiliser des fonds importants. Si ce business model émergent fait son chemin sur le marché, il n’est pas sans défis… Entre autres, pour l’installateur professionnel, forcé de prendre les actifs dans son bilan. Pour résoudre ce type de contraintes, des produits bancaires innovants commencent à voir le jour… La banque est donc le troisième acteur indispensable pour faire de l’opération une réussite. L’avenir ? Un trio gagnant — entreprise cliente; banque; installateur professionnel — où chacun met son expertise au service d’une cause commune : l’efficience énergétique. 

Une évolution en marche

Même si "l’efficience énergétique as a service" se concentre encore sur les techniques — et pas sur l’enveloppe du bâtiment —, nul doute que cette solution innovante contribuera à répondre aux enjeux du secteur du bâtiment.

"Rien qu’en optimisant les aspects des techniques et en adoptant ces approches conceptuelles, une entreprise peut espérer économiser entre 40 à 50% d’énergies", avance Quentin Nerincx.

Une bonne nouvelle pour les entreprises et pour la planète.

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04.06.2020

Transition durable : pourquoi maintenant ?

La transition durable des entreprises est vitale pour répondre à l’urgence climatique. Mais la transformation se nourrit de la compréhension des enjeux… Revenons à la base : des faits et des chiffres clés !

Même si un nombre croissant d’entreprises se lancent sur une voie plus durable… il est parfois utile de revenir aux origines de cette exigence (pour tous). Pourquoi les acteurs économiques — et la société en général — doivent-ils se métamorphoser ? La route actuelle nous mène droit dans un mur ! La planète ne cesse de nous signaler que le contexte présent ne sera pas celui de demain : du réchauffement climatique aux catastrophes naturelles, en passant par des crises écologiques, sanitaires, alimentaires et démographiques majeures. Certains acteurs économiques ont bien compris l’urgence et choisissent d’embrasser le challenge en montant dans le train du changement… Pour contribuer à éviter le mur, mais aussi pour continuer à « exister » dans ce futur différent. Mais encore faut-il entendre les signaux et leurs conséquences en cascade !

1,5 °C

L’une des pierres angulaires de l’urgence écologique : contenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C d’ici la fin du siècle. Un engagement pris par 195 états lors de l’Accord de Paris de 2015. Mais les intentions tardent à se transformer en actes… Et chaque jour qui passe accentue les efforts à produire pour atteindre l’objectif. En l’absence d’une action climatique adéquate ? Les experts s’attendent à un réchauffement planétaire pouvant grimper à 4,8 °C en 2100… Un scénario critique pour notre avenir !

26 à 77 cm

Effet domino : le réchauffement planétaire impacte fortement tous les écosystèmes. Et chaque phénomène porte lui aussi des conséquences en cascade. 26 à 77 cm ? L’estimation de la montée du niveau global des mers en 2100 pour une hausse de température de… 1,5 ° C. Si l’on passe à 2 °C ? 10 cm de plus : ce qui correspond à 10 millions de personnes supplémentaires touchées par les risques de montée des eaux !

D’autres données montrent l’ampleur de la situation :

29 juillet

Le jour du dépassement en 2019. Ce concept (parfois contesté) indique que nous avons consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en 365 jours. En 2030, nous vivrons probablement « à crédit » dès la fin juin, alors que ce virage se situait début novembre dans les années 80. Une surexploitation de la planète qui ne pourra continuer indéfiniment… D’autant plus que la population humaine ne cesse d’augmenter de forme exponentielle : 9 milliards de personnes en 2050. Une croissance qui contribue à exercer des pressions sans précédent sur la planète et ses ressources.

40 %

Notre système climatique repose sur un équilibre fragile : entre autres à cause des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Un changement radical est nécessaire pour répondre à l’urgence. L’Union européenne s’est ainsi engagée à les réduire de 40 % à l’horizon 2030. Mais aussi de porter la part des énergies renouvelables à au moins 32 % et améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 32,5 %. Tout est lié et un avenir bas carbone (avec des efforts peut-être encore plus importants) s’annonce incontournable pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences. Cela signifie une transformation des modes de production et de consommation, avec des changements profonds — imposées par des réglementations qui évolueront dans ce sens — dans tous les secteurs. 

12 000 milliards de dollars

Si les risques sont indéniables… cela signifie aussi que des opportunités existent. Casser certains équilibres pour en créer d’autres : prenant en compte la durabilité et assurant la survie des prochaines générations. Un défi majeur qui pourrait générer 12 000 milliards de dollars d’opportunités commerciales par an au cours de la décennie à venir. Une manne potentielle qui découlerait de la mise en œuvre des 17 objectifs mondiaux de développement durable (ODD) des Nations unies dans différents secteurs (alimentation, agriculture, villes, énergie et matériaux ou encore santé).

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C’est le temps pour se lancer sur la voie de la durabilité : le moyen le plus sûr de transformer les risques en succès. Les « chiffres », même s’ils sont sujets à discussion ou à interprétation, indiquent une réalité incontournable : le monde change à grande vitesse. Dans ce contexte ? Il est fondamental d’évaluer et repenser son modèle d’affaires. Pas par plaisir de réinventer la roue, mais pour éviter d’aller droit dans le mur. L’immobilisme coûtera cher, alors mieux vaut agir tant que les affaires tournent… C’est-à-dire : maintenant !

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10.06.2020

Objectif « zéro émission » : nouvel enjeu des entreprises

Les émissions des gaz à effet de serre sont l’un des principaux nœuds climatiques et environnementaux. À tel point que la « neutralité carbone » devient un horizon vital pour les entreprises…

Il faut dès à présent « viser la lune pour espérer atterrir dans les étoiles ». Voilà en substance le défi de notre époque en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Une position ambitieuse, empruntée à Oscar Wilde, qui explique entre autres pourquoi l’objectif « zéro carbone » doit être dans tous les esprits. Et pour cause : plus le temps passe, plus les efforts à produire deviennent importants, notamment pour respecter les engagements de l’Accord de Paris et minimiser l’impact du réchauffement planétaire. L’objectif ? Maintenir la hausse de la température globale « nettement sous la barre des 2 °C » et idéalement autour de 1,5 °C. Si l’Union européenne s’est engagée à baisser ses émissions de GES à hauteur de 40 % d’ici 2030, elle appelle également « de ses vœux une Europe neutre pour le climat » à l’horizon 2050.

Deux « écoles »

Cette ambition place les entreprises en première ligne… Mais il y a plusieurs façons de voir les choses, que Churchill aurait pu résumer ainsi : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». Un avenir zéro carbone signifie un monde différent sur d’innombrables plans : réglementaires, commerciaux, économiques, énergétiques, etc. Prenons le sujet de la mobilité : de la taxe carbone aux low emission zones, les gouvernements mettent en place de plus en plus de mesures pour assurer leurs engagements. De la simple contrainte à l’obsolescence de certains business model actuels, ces évolutions auront un impact sur vos affaires et la pérennité de votre entreprise. Et c’est valable pour tous les secteurs. Mais derrière ces risques se cachent aussi de nouvelles opportunités. Des besoins inédits à satisfaire ; des marchés à améliorer ; des technologies à développer ; etc. Mais pour ne pas subir « demain », il faut anticiper !

  1. Apparition de nouveaux marchés

    Le CO2 est l’ennemi juré. Mais innover c’est penser autrement. Renverser les problèmes et faire par exemple du carbone un… atout ! Ainsi on assiste à l’émergence d’acteurs innovants qui se saisissent de la thématique pour explorer de nouveaux marchés : de la comptabilité carbone à la capture et au stockage du CO2, mais aussi autour de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables ou encore de l’hydrogène. Nous sommes probablement au début de cette révolution… Celle-ci exige de changer d’état d’esprit ainsi que de prendre des risques — pour miser sur des technologies qui n’ont pas encore fait leurs preuves. Mais les premiers lancés auront une longueur d’avance.

  2. Business model innovants et durables

    Inventer de nouvelles formes de faire des affaires ? C’est par exemple puiser dans l’économie circulaire. Cela implique de changer de paradigme et de se transformer de l’intérieur : évaluer l’ensemble de ses activités et trouver de nouvelles solutions. Revoir toute sa chaîne de valeur pour se rapprocher de l’objectif « zéro émission », travailler de concert avec ses partenaires (clients, fournisseurs, etc.) ou encore repenser sa stratégie de création de valeur pour le client ainsi que pour l’entreprise. Ce n’est pas un hasard si un géant comme Ikea investit 200 millions d’euros pour transformer sa supply chain. Avec entre autres l’ambition d’utiliser 100 % d’énergie renouvelable (électricité, chauffage, refroidissement et autres combustibles) dans sa production d’ici 2030…

  3. Changements de comportements
  4. La vague « bas carbone » prend de l’ampleur et entraîne progressivement l’ensemble de la société, notamment les consommateurs. Il serait fatal pour une entreprise de passer à côté des nouveaux besoins et attentes de ses clients… Des voyages en avion — et la mobilité en général — à la consommation de viande, les choix individuels intègrent de plus en plus une réflexion durable. Les entreprises doivent anticiper cette prise de conscience… D’autant plus qu’un changement d’état d’esprit similaire s’opère du côté des investisseurs. L’impact est le mot d’ordre pour les financeurs ! Et les entreprises inscrites dans une démarche durable deviennent de plus en plus séduisantes pour attirer les capitaux. Valeur économique et durabilité sont donc plus que jamais liées.

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17.06.2020

Comment retrouver son chemin dans les certifications de bâtiments durables ?

Le secteur de la construction vit un changement de paradigme pour répondre à l’urgence climatique. Pour évaluer la performance durable des bâtiments ? Les certifications environnementales jouent un rôle clé !

Le secteur du bâtiment pèse lourd dans la balance des émissions de gaz à effet de serre (GES) avec près d’un cinquième des rejets à l’échelle mondiale. Compte tenu de la durée de vie d’un immeuble, l’impact se poursuit sur plusieurs décennies… Le réchauffement climatique pousse donc le secteur à se réinventer pour plus de durabilité. Mais comment concevoir et bâtir des immeubles efficients énergétiquement et à l’impact neutre (voire positif) sur l’environnement ?

Pour répondre à cette épineuse question, les certifications sont des outils indispensables. Des instruments permettant de mesurer la performance d’une construction tout au long de sa durée de vie et sur base de critères définis en amont. Un gage de confiance pour l’ensemble de la chaîne : des constructeurs à l’entreprise client en passant par les pouvoirs publics. Si vous rénovez votre siège ou faites bâtir une nouvelle unité d’établissement, le respect de ces normes est donc un enjeu capital. Une excellente façon de concrétiser votre transition durable, valoriser vos actifs et démontrer votre engagement environnemental.

Un vaste choix de références

Consommation d’énergie, choix des matériaux, décisions technologiques, empreinte carbone ou eau, etc. Autant de postes qui doivent être pris en compte dès la conception et jusqu’à « l’usage » du bâtiment. Mais le panorama des référentiels est plutôt complexe et plusieurs standards coexistent. Le label HQE en France, LEED aux États-Unis, Passivhaus ou DGNB en Allemagne, ou encore la certification BREEAM au Royaume-Uni en sont quelques exemples. Des certifications venues de l’étranger largement reconnues dans le secteur… Et pour cause : la confiance et la notoriété sont des éléments fondamentaux dans le domaine !

Numéro un : BREEAM

Avec plus de 2 millions de bâtiments certifiés dans le monde et 424 en Belgique, BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) reste l’une des certifications phare dans notre pays. Une méthode d’évaluation déclinée en 9 familles de critères : management, santé, énergie, eau, transport, matériaux, recyclage, environnement et pollution. Créé en 1986, ce référentiel (avec cinq niveaux de certification) se fonde sur des calculs complets avec un objectif clé : réduire l’impact d’un bâtiment sur son environnement tout en améliorant la qualité de vie de ses usagers.

… et les autres

  • La certification «  Passivhaus »

    Une construction ne peut se contenter d’un seul référentiel. D’autant plus que certains sont très pointus dans des domaines spécifiques. Ainsi le label allemand «  Passivhaus » est dédié à la performance énergétique des bâtiments. Les immeubles labélisés réalisent jusqu’à 90 % d’économies d’énergie en faisant un usage efficace du soleil, des sources de chaleur internes et de la récupération de chaleur.

  • Les bâtiments à « énergie zéro »

    En bref ? Ce sont des immeubles à consommation énergétique nette nulle : la quantité totale d’énergie utilisée est donc plus ou moins égale à la quantité d’énergie renouvelable créée sur le site. Mais sous l’appellation « zero-energy building » se cache des réalités parfois distinctes dans les usages : la différence reposant souvent sur la part et l’origine des énergies renouvelables comptabilisées. Sans oublier les bâtiments « autonomes » (énergétiquement indépendants) et ceux à « énergie positive ».

  • Le « quasi » zéro énergie : standard européen

    Derrière ce concept, une norme européenne qui s’imposera à tous les États membres à partir de 2021. Toute nouvelle construction devra avoir une consommation énergétique presque nulle… Grâce à des performances élevées et une couverture des « faibles » besoins par des sources renouvelables.

  • Une « vitrine » honorifique
    D’autres initiatives permettent de stimuler la construction durable. Par exemple ? Des mises à l’honneur de projets exemplaires telles le Prix belge de l’Énergie et de l’Environnement avec ces distinctions « Sustainable Energy Award » et « Sustainable Building Award ». Des atouts importants pour les entreprises afin de valoriser leurs efforts.

Un dernier mot ?

Rappelons que le projet de construction « Montagne du Parc » — qui accueillera le nouveau siège social de BNP Paribas Fortis — est un exemple fort d’engagement. Et pour cause : le projet de construction « Montagne du Parc » a déjà remporté le certificat intermédiaire 'Design Stage', accompagné qui plus est d’une mention 'excellent', généralement accordée à seulement 10% des projets. Il s’agit là de la première des deux étapes vers l’octroi du certificat définitif, délivré en fin de travaux. Soulignons que les référentiels ne sont pas une fin en soi et doivent s’inscrire dans une démarche durable holistique visant à atteindre un équilibre entre les attentes écologiques, économiques, esthétiques et sociales.

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15.01.2021

Utiliserons-nous bientôt le CO² pour construire ?

Construire avec du CO², c’est possible. La carbonatation accélérée permet de fabriquer des matériaux de construction à base de CO². À Gand, un trottoir durable illustre cette nouvelle technologie.

La carbonatation accélérée, aussi appelée minéralisation du CO2 est une technologie prometteuse qui pourrait rendre l'industrie de la construction plus durable. Elle permet non seulement une réduction des émissions de CO2, mais génère également des émissions de CO2 négatives en stockant en permanence le dioxyde de carbone dans des objets tels que des briques ou de nombreux autres matériaux de construction.

CO2 Value Europe, un groupe de réflexion et d'action représentant la communauté CCU (Carbon Capture & Utilization) en Europe, organisait un webinaire à la mi-décembre sur l’application de la carbonatation accélérée dans le secteur de la construction. L’occasion de démontrer le grand potentiel de cette technologie durable au travers d’applications concrètes. BNP Paribas Fortis n’occupe pas seulement un rôle de partenaire financier pour CO2 Value Europe – en tant que banque, nous sommes également très impliqués dans la transition durable au sein de nombreuses entreprises.

Le deuxième secteur industriel le plus polluant

Si l’industrie du ciment est l’une des plus importantes dans le monde, elle se retrouve malheureusement aussi dans le haut du classement des secteurs les plus polluants. Le ciment est l’un des composants principaux du béton, qui est lui-même indispensable dans le secteur de la construction. Une nouvelle solution durable pour la fabrication du ciment permettrait donc de faire une grande différence. Et l’un de ces méthodes pourrait être la minéralisation du CO2, également connue sous le nom de carbonatation. Il s’agit d’une technologie de CCU (capture et utilisation du CO2) encore méconnue, mais qui pourrait avoir un impact considérable sur le climat et sur l’environnement.

Un phénomène naturel accéléré

La carbonatation est un processus naturel au cours duquel certains minéraux réagissent avec du dioxyde de carbone de façon à former un type de calcaire et de dolomite. Dans la nature, ce procédé prend des milliers d’années. Mais avec d’importantes concentrations de CO2 et dans les conditions optimales, cette réaction chimique et ce processus peuvent à présent être accélérés et ne prendre que quelques minutes. Un procédé peu énergivore, dont le résultat peut être utilisé dans la création de différents produits, notamment des briques, au sein desquels le CO2 est enfermé de manière permanente.

Le CO2, encore et toujours

Le développement de cette technologie de CCU s’est accéléré au cours des dernières années. Par conséquent, nous disposons désormais de solutions de remplacement pour le ciment qui répondent aux exigences techniques du secteur de la construction. Le CO2 peut être utilisé de différentes manières dans la production de matériaux de construction. Par exemple, l’injection de CO2 peut remplacer l’eau pour durcir le ciment. Par ailleurs, le CO2 peut également être utilisé pour transformer les déchets minéraux issus des polluantes industries sidérurgique et minière afin de créer de nouveaux produits tels que des granulats pouvant servir de base dans la fabrication de pavés ou de blocs de construction.

Bénéfique pour notre planète

L’effet engendré par la carbonatation accélérée sur l’environnement est considérable, car il agit à différents niveaux. La réduction des émissions de CO2 estimée pour 2030 à l’échelle mondiale se situe entre 250 et 500 millions de tonnes par an (source : CO2 Value Europe).

  • Le CO2 peut être directement prélevé des fumées issues de processus industriels impliquant notamment l’acier, le ciment et la chimie. Aucune purification ou concentration n’est requise.
  • Le CO2 peut être prélevé directement dans l'atmosphère et entraîne ainsi des émissions de carbone négatives.
  • Dans les deux cas, le CO2 est stocké en permanence dans les produits finis.
  • Des déchets minéraux ainsi que des déchets de construction sont utilisés afin de construire de nouveaux matériaux de construction. Ils ne se retrouvent donc plus dans les décharges.
  • Le recyclage permet également de faire appel à moins de nouvelles sources naturelles.

Et les inconvénients ?

Comme chaque nouveauté, cette solution s’accompagne également de défis. Afin de pouvoir proposer une solution de remplacement véritablement concurrentielle et qualitative pour la fabrication du béton dans le cadre d’une économie circulaire, des investissements et des modifications sont nécessaires.

  • Les usines doivent modifier leurs installations. Il est préférable d’être installé à proximité d’une source de CO2 suffisamment importante, comme une usine sidérurgique, afin d’éviter le transport du CO2.
  • La fabrication de nouveaux produits, même à base de dioxyde de carbone et de déchets, requiert de l’énergie et entraîne donc également des émissions de CO2. Afin de renforcer l’effet durable, il est donc important d’utiliser le plus possible d’énergies renouvelables.
  • La carbonatation accélérée est un processus relativement nouveau et elle ne se déroule pas toujours de manière optimale.
  • Se pose également la question des politiques et du cadre législatif, qui ne sont pas encore suffisamment adaptés à cette nouvelle technologie. CO2 Value Europe suit ces évolutions de très près.

Toutefois, malgré ces défis, Andre Bardow, professeur d’Energy & Process Systems Engineering à l’ETH Zurich, a affirmé lors du webinaire qu’il était convaincu que la minéralisation du CO2 réduisait l’empreinte carbone, encore plus que le CCS (capture et stockage du CO2) ou que le stockage du dioxyde de carbone.

Zéro déchet dans notre pays

À l’heure actuelle, partout dans le monde, des usines fabriquent déjà des matériaux de construction pauvres en CO2. L’une d’entre elles est située dans le Limbourg. La société Orbix de Genk a réussi à purifier des déchets résiduels de la production d’acier (appelés scories) afin d’obtenir des minéraux servant de base dans la fabrication de blocs de béton respectueux du climat. Non seulement du CO2 liquide est utilisé dans la production des blocs de béton au lieu du ciment polluant, mais des déchets résiduels qui partiraient normalement à la décharge sont également recyclés. 

Il en existe d’ailleurs un bel exemple à Gand. Orbix a réalisé, en collaboration avec l’institut flamand pour la recherche VITO, le projet tremplin de la ville de Gand, où vous pouvez marcher sur le premier trottoir durable de Belgique : 100 m2, entièrement construits avec des pierres durables et ayant permis une économie de pas moins de 2 tonnes de CO2 !

Vous avez des projets pour 2021 en matière de durabilité ? Nos experts du Sustainable Business Competence Centre peuvent vous donner des conseils sur les innovations, telles que la minéralisation du CO2 mentionnée ci-dessus, et vous accompagner dans votre transition durable.

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