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23.08.2016

Comment l’économie à la demande remodèle la société ?

Conçue pour répondre au moindre des désirs du consommateur, l’économie à la demande transforme les entreprises, le marché du travail et ébranle l’assise des acteurs traditionnels.

Popularisé par les succès fulgurants de jeunes entreprises de la Silicon Valley, Uber et Airbnb en tête, le terme d’économie à la demande est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Désignant une activité où des entreprises utilisent les nouvelles technologies pour apporter aux consommateurs des biens ou services de manière quasi-immédiate, l’économie à la demande connaît des taux de croissance fulgurants. Ainsi, sept ans à peine après sa création, Uber est valorisée à plus de 60 milliards de dollars. 42 % de la population américaine a déjà eu recours à un service à la demande.  Et la tendance n’est pas près de s’inverser.

Outre les services les plus connus, qui permettent de commander un chauffeur, un repas, un médecin ou un avocat, l’économie à la demande semble aujourd’hui capable de combler le moindre des désirs du consommateur, y compris les plus farfelus. Booster propose ainsi un service de pompe à essence mobile pour demander de quoi faire le plein à tout moment ; Techy permet de demander les services d’un spécialiste en informatique pour réparer son ordinateur ; FriendsTonight procure à ses utilisateurs de la compagnie pour n’importe quelle sortie (cinéma, apéritif, boîte de nuit…) ; Pamper permet de commander une manucure ; Soothe un massage ; Trumaker, de se faire tailler un costume par un tailleur ; Washio, de faire laver son linge ; Wag ! de faire promener son chien. Certaines start-up californiennes livrent même du cannabis à la demande. Sans oublier Scooterino Amen, qui permet aux Romains pris d'un besoin urgent de se confesser, de recevoir la visite d'un prêtre sur un scooter. L’économie semble plus que jamais tournée vers la satisfaction immédiate des moindres désirs du consommateur.

Une nouvelle phase du capitalisme

L'avènement de l'économie à la demande marque non seulement une évolution anthropologique, mais aussi l’entrée dans une nouvelle phase du capitalisme. Au début du XXe siècle, l’introduction des lignes d’assemblage et du travail à la chaîne a permis à Henry Ford de produire sa Ford T massivement et à un coût raisonnable, marquant le début de la démocratisation de l’automobile. Aujourd’hui, l’économie à la demande permet au grand public d’accéder à des services qui étaient autrefois l’apanage des plus favorisés.

Cette révolution est permise par la conjonction de plusieurs phénomènes. L’essor des nouvelles technologies, d’abord. De micro-ordinateurs puissants disponibles à des coûts raisonnables permettent aux entrepreneurs de réaliser un grand nombre d’actions, seuls et depuis leur domicile. La généralisation du téléphone intelligent permet à une main-d’œuvre indépendante d’être à la fois mobile et réactive. Avec l’internet, des tâches complexes, comme la programmation ou la rédaction de documents juridiques, peuvent être sous-traitées à des professionnels travaillant à distance.

En bref, les nouvelles technologies permettent des rapports plus souples : aux grosses entreprises fortement hiérarchisées, dotées de locaux physiques et d’une main-d’œuvre stable, succèdent des entités plus fluides, composées d’une petite équipe de décideurs n’ayant parfois même pas de bureau et d’une masse constamment variable de contractants, les premiers pilotant l’activité tandis que les seconds travaillent de manière souple en fonction des requêtes des clients.

L’essor de l’économie à la demande est aussi facilité par la crise économique, en raison de laquelle une main-d’œuvre jeune, flexible et bien équipée en matière de technologies s’avère disponible sur le marché. 34 % des travailleurs américains sont aujourd’hui des indépendants. Enfin, l’économie à la demande résulte d’un changement dans les rapports de force au sein de la société. Comme l’affirme The Economist, alors que Karl Marx mettait jadis en lumière l’opposition entre propriétaires des moyens de production et individus travaillant pour eux, la dichotomie se trouve aujourd’hui davantage entre ceux qui ont beaucoup de moyens et peu de temps, et ceux qui ont à l’inverse peu de moyens mais beaucoup de temps. L’économie à la demande permet la mise en place de transactions entre ces deux types d’agents économiques. Les seconds fournissent aux premiers des services qu’ils n’ont pas le temps d’effectuer, et reçoivent une rémunération en retour.

Les gagnants et perdants de l’économie à la demande

Nouveau paradigme capitaliste, l’économie à la demande implique de profonds changements au sein de la société, du monde professionnel et jusque dans l’existence des individus. Comme tout changement radical, elle apporte du bon et du moins bon, et suscite donc de vifs débats, comme l’illustrent la multiplication des procès et manifestations contre Uber et la tentative (avortée) de mise en place d’une loi limitant l’expansion d’Airbnb à San Francisco. Les opposants de l’économie à la demande voient en elle une régression sociale, un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle, aux longues files d’ouvriers attendant tous les matins dans l’espoir de se voir offrir un travail pour la journée.

Les partisans de cette nouvelle donne insistent quant à eux sur la flexibilité accordée aux travailleurs, libres de travailler où ils veulent, quand ils veulent. La liberté accordée aux consommateurs, qui disposent d’un large panel de services accessibles sur commande et à un coût abordable, est également mise en avant. Les défenseurs de l’économie à la demande affirment enfin qu’elle permet une meilleure allocation des ressources au sein de la société. Airbnb permet d’allouer temporairement à des touristes de nombreuses chambres qui autrement demeureraient vides, Uber permet à plusieurs passagers de partager un même véhicule…

Si les consommateurs tirent en effet clairement leur épingle du jeu, la réalité est plus nuancée pour les travailleurs. Ceux qui valorisent la flexibilité sur la sécurité profitent de la nouvelle donne. C’est le cas des étudiants souhaitant gagner un peu d’argent, des individus allergiques aux horaires de bureau, des jeunes parents souhaitant élever leur enfant tout en travaillant à temps partiels, ou encore des personnes âgées approchant de la retraite et souhaitant travailler moins. En revanche, ceux qui privilégient la sécurité sur la flexibilité, comme les ménages avec enfants ayant un crédit immobilier à rembourser et des études à financer, risquent d’en sortir perdants. Aux Etats, dès lors, d’adapter leur système de protection sociale pour mieux correspondre aux nouveaux besoins liés à l’essor de l’économie à la demande. Le modèle américain, où la couverture santé est fournie par l’employeur, n’est pas du tout adapté à cette situation et devrait être réformé pour permettre à chaque travailleur de bénéficier d’une protection.

Les acteurs traditionnels contraints de s’adapter

L’économie à la demande implique également de rebattre les cartes sur la plupart des marchés. D’abord parce que, naturellement, les entreprises proposant des services à la demande se lancent sur des marchés déjà en place, où elles imposent une rude concurrence aux acteurs traditionnels, le cas le plus parlant étant bien sûr celui d’Uber vis-à-vis des taxis. Mais aussi parce que les poids lourds de l’économie à la demande, qui bénéficient d’une importante renommée, de capitaux et d’une technologie de pointe, peuvent phagocyter d’autres secteurs que leur cœur de métier initial.

Ainsi, pour rester sur l’exemple d’Uber, l’entreprise s’est rapidement rendu compte que, si les chauffeurs étaient très occupés le matin et le soir, la journée était en revanche beaucoup plus calme. Pour occuper ses heures creuses, l’entreprise a mis en place des services complémentaires. D’abord un service de livraison de nourriture, UberEat, puis de livraison tout court, UberRush. D’une compagnie de taxi à la pointe des technologies, Uber s’est ainsi progressivement mué en une plate-forme de services agnostique, capable de mobiliser sa main-d’œuvre motorisée pour différents types de besoin.

Outre les taxis, ce sont les start-up qui livrent de la nourriture (Caviar, Munchery) qui se trouvent concurrencées, mais aussi les acteurs traditionnels du secteur de la livraison, comme FedEx et UPS. La notoriété rapidement acquise par Uber et la solidité de son infrastructure logicielle lui permettent ainsi de concurrencer des acteurs institutionnels sur un terrain qui n’était au départ pas le sien. Ceux-ci sont dès lors contraints de répondre à la demande et de « s’uberiser » à leur tour, ou tout moins d’adapter leur service pour répondre aux nouvelles règles de l’économie à la demande. UPS vient d’investir 28 millions de dollars dans la start-up Deliv, qui effectue des livraisons dans la journée. L’enseigne de restauration rapide Taco Bell a mis en place son propre système de livraison de nourriture. Les taxis utilisent à leur tour des applications smartphone sur le modèle d’Uber… Ainsi, petit à petit, l’économie à la demande telle un missionnaire jésuite, évangélise ses adversaires plutôt qu’elle ne les détruit.

(Source : www.atelier.net)

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15.01.2021

Utiliserons-nous bientôt le CO² pour construire ?

Construire avec du CO², c’est possible. La carbonatation accélérée permet de fabriquer des matériaux de construction à base de CO². À Gand, un trottoir durable illustre cette nouvelle technologie.

La carbonatation accélérée, aussi appelée minéralisation du CO2 est une technologie prometteuse qui pourrait rendre l'industrie de la construction plus durable. Elle permet non seulement une réduction des émissions de CO2, mais génère également des émissions de CO2 négatives en stockant en permanence le dioxyde de carbone dans des objets tels que des briques ou de nombreux autres matériaux de construction.

CO2 Value Europe, un groupe de réflexion et d'action représentant la communauté CCU (Carbon Capture & Utilization) en Europe, organisait un webinaire à la mi-décembre sur l’application de la carbonatation accélérée dans le secteur de la construction. L’occasion de démontrer le grand potentiel de cette technologie durable au travers d’applications concrètes. BNP Paribas Fortis n’occupe pas seulement un rôle de partenaire financier pour CO2 Value Europe – en tant que banque, nous sommes également très impliqués dans la transition durable au sein de nombreuses entreprises.

Le deuxième secteur industriel le plus polluant

Si l’industrie du ciment est l’une des plus importantes dans le monde, elle se retrouve malheureusement aussi dans le haut du classement des secteurs les plus polluants. Le ciment est l’un des composants principaux du béton, qui est lui-même indispensable dans le secteur de la construction. Une nouvelle solution durable pour la fabrication du ciment permettrait donc de faire une grande différence. Et l’un de ces méthodes pourrait être la minéralisation du CO2, également connue sous le nom de carbonatation. Il s’agit d’une technologie de CCU (capture et utilisation du CO2) encore méconnue, mais qui pourrait avoir un impact considérable sur le climat et sur l’environnement.

Un phénomène naturel accéléré

La carbonatation est un processus naturel au cours duquel certains minéraux réagissent avec du dioxyde de carbone de façon à former un type de calcaire et de dolomite. Dans la nature, ce procédé prend des milliers d’années. Mais avec d’importantes concentrations de CO2 et dans les conditions optimales, cette réaction chimique et ce processus peuvent à présent être accélérés et ne prendre que quelques minutes. Un procédé peu énergivore, dont le résultat peut être utilisé dans la création de différents produits, notamment des briques, au sein desquels le CO2 est enfermé de manière permanente.

Le CO2, encore et toujours

Le développement de cette technologie de CCU s’est accéléré au cours des dernières années. Par conséquent, nous disposons désormais de solutions de remplacement pour le ciment qui répondent aux exigences techniques du secteur de la construction. Le CO2 peut être utilisé de différentes manières dans la production de matériaux de construction. Par exemple, l’injection de CO2 peut remplacer l’eau pour durcir le ciment. Par ailleurs, le CO2 peut également être utilisé pour transformer les déchets minéraux issus des polluantes industries sidérurgique et minière afin de créer de nouveaux produits tels que des granulats pouvant servir de base dans la fabrication de pavés ou de blocs de construction.

Bénéfique pour notre planète

L’effet engendré par la carbonatation accélérée sur l’environnement est considérable, car il agit à différents niveaux. La réduction des émissions de CO2 estimée pour 2030 à l’échelle mondiale se situe entre 250 et 500 millions de tonnes par an (source : CO2 Value Europe).

  • Le CO2 peut être directement prélevé des fumées issues de processus industriels impliquant notamment l’acier, le ciment et la chimie. Aucune purification ou concentration n’est requise.
  • Le CO2 peut être prélevé directement dans l'atmosphère et entraîne ainsi des émissions de carbone négatives.
  • Dans les deux cas, le CO2 est stocké en permanence dans les produits finis.
  • Des déchets minéraux ainsi que des déchets de construction sont utilisés afin de construire de nouveaux matériaux de construction. Ils ne se retrouvent donc plus dans les décharges.
  • Le recyclage permet également de faire appel à moins de nouvelles sources naturelles.

Et les inconvénients ?

Comme chaque nouveauté, cette solution s’accompagne également de défis. Afin de pouvoir proposer une solution de remplacement véritablement concurrentielle et qualitative pour la fabrication du béton dans le cadre d’une économie circulaire, des investissements et des modifications sont nécessaires.

  • Les usines doivent modifier leurs installations. Il est préférable d’être installé à proximité d’une source de CO2 suffisamment importante, comme une usine sidérurgique, afin d’éviter le transport du CO2.
  • La fabrication de nouveaux produits, même à base de dioxyde de carbone et de déchets, requiert de l’énergie et entraîne donc également des émissions de CO2. Afin de renforcer l’effet durable, il est donc important d’utiliser le plus possible d’énergies renouvelables.
  • La carbonatation accélérée est un processus relativement nouveau et elle ne se déroule pas toujours de manière optimale.
  • Se pose également la question des politiques et du cadre législatif, qui ne sont pas encore suffisamment adaptés à cette nouvelle technologie. CO2 Value Europe suit ces évolutions de très près.

Toutefois, malgré ces défis, Andre Bardow, professeur d’Energy & Process Systems Engineering à l’ETH Zurich, a affirmé lors du webinaire qu’il était convaincu que la minéralisation du CO2 réduisait l’empreinte carbone, encore plus que le CCS (capture et stockage du CO2) ou que le stockage du dioxyde de carbone.

Zéro déchet dans notre pays

À l’heure actuelle, partout dans le monde, des usines fabriquent déjà des matériaux de construction pauvres en CO2. L’une d’entre elles est située dans le Limbourg. La société Orbix de Genk a réussi à purifier des déchets résiduels de la production d’acier (appelés scories) afin d’obtenir des minéraux servant de base dans la fabrication de blocs de béton respectueux du climat. Non seulement du CO2 liquide est utilisé dans la production des blocs de béton au lieu du ciment polluant, mais des déchets résiduels qui partiraient normalement à la décharge sont également recyclés. 

Il en existe d’ailleurs un bel exemple à Gand. Orbix a réalisé, en collaboration avec l’institut flamand pour la recherche VITO, le projet tremplin de la ville de Gand, où vous pouvez marcher sur le premier trottoir durable de Belgique : 100 m2, entièrement construits avec des pierres durables et ayant permis une économie de pas moins de 2 tonnes de CO2 !

Vous avez des projets pour 2021 en matière de durabilité ? Nos experts du Sustainable Business Competence Centre peuvent vous donner des conseils sur les innovations, telles que la minéralisation du CO2 mentionnée ci-dessus, et vous accompagner dans votre transition durable.

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04.01.2021

Robovision : « L’intelligence artificielle sera partout dans 5 ans »

Robovision est devenue un acteur de référence, au sein du Benelux, dans le domaine de l’intelligence artificielle. Mais la jeune société gantoise soutenue par BNP Paribas Fortis voit plus grand. « Soins de santé, agriculture, environnement,… dans cinq ans, l’intelligence artificielle sera omniprésente », affirme son CEO, Jonathan Berte.

Jonathan Berte, ingénieur civil physicien de formation, ne peut s’empêcher de sourire quand il repense à ses jeunes années. « Enfant, j’avais déjà un esprit très analytique. Chez les scouts et à l’école, je notais littéralement tout. Recueillir un max d’informations était très important pour moi. J’étais une sorte d’infoholic, de boulimique d’infomations. Mais se borner à collecter des infos ne mène à rien. C’est vrai aussi pour les données qui sont enregistrées sur un disque dur. Leur valeur ajoutée réside dans l’usage qu’on en fait, et avec quelle efficacité on le fait. »

Et comment faites-vous, justement, chez Robovision ?

« Nous travaillons avec l’intelligence artificielle (IA) et proposons aux instances publiques, instituts, petites et grandes entreprises une plateforme qui leur permet de prendre des décisions sur base de données visuelles.. »

Pourriez-vous donner quelques exemples de données visuelles ?

« En mai, en collaboration avec l’université d’Anvers et la firme Securitas, nous avons placé une caméra intelligente dans une rue commerçante pour mesurer si la distanciation sociale était respectée. C’est une info importante pour les décideurs de notre pays. Pour analyser les images, nous avons utilisé une forme très précise d’intelligence artificielle : des algorithmes d’apprentissage qu’on appelle les réseaux neuronaux, c’est-à-dire des réseaux de neurones artificiels. Leur fonctionnement est calqué sur celui de notre cerveau, même s’ils sont encore loin d’être aussi complexes. » 

Ce  qui nous amène à un terme en vogue : ‘deep learning’. Les machines deviendront-elles plus intelligentes que l’homme ?

« Oh, l’évolution est déjà bien avancée. En radiologie notamment, mais aussi dans les jeux. Nous nous concentrons, nous aussi, sur le deep learning car les réseaux neuronaux sont très efficaces en matière de données visuellesMais il faudra encore attendre un certain temps avant que l’IA ne puisse vraiment égaler l’homme dans les domaines où l’intuition joue un rôle majeur. » 

Votre entreprise est passée du stade de start-up à celui de scale-up. Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

 « La société de demain sera une société où tout sera relevé, mesuré et monitoré. Nous travaillons ainsi en horticulture où l’IA peut intervenir dans le contrôle de qualité, pour les fruits qui présentent une forme ou une couleur anormale, par exemple. Ces derniers mois, un tas d’exploitations agricoles ou horticoles ont été en difficulté parce que les saisonniers d’Europe de l’Est ne pouvaient entrer dans le pays. Dans les années à venir, ces entreprises investiront sans doute davantage dans l’IA et l’automatisation. Sur ces plans-là, le corona nous a propulsés presque du jour au lendemain dans la société digitale. »

De quels partenaires avez-vous besoin pour réussir dans vos projets ?

« Dans notre croissance et notre évolution de start-up à scale-up, BNP Paribas Fortis a toujours été un important partenaire. Vous nous suivez très bien dans notre cheminement. Il va de soi que, pour pouvoir évaluer le risque, vous devez bien comprendre les projets de votre point de vue de banquier. Mais indépendamment de cela, j’ai le sentiment que vous soutenez particulièrement bien tout ce monde des ‘tech’ et des start-up. » 

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15.12.2020

Des lunettes de soleil pour sauver les océans

L’entreprise belge Yuma Labs fabrique des lunettes de soleil avec des bouteilles en plastique recyclées. Start-up d’un seul homme au départ, elle s’est développée et produit aujourd’hui également pour d’autres marques. Mais comment conjuguer croissance et durabilité ? Chez BNP Paribas Fortis, nous avons cru au projet sans hésitation.

Yuma Labs (anciennement YR Yuma), c’est l’œuvre de Sebastiaan de Neubourg, indique la co-gérante Lenja Doms. « Sebastiaan travaillait comme consultant mais l’envie le démangeait d’entreprendre un projet lui-même. Son idée était d’imprimer des lunettes de soleil avec une imprimante en 3D, à partir de plastique recyclé. A l’époque, il a vite compris pourquoi personne n’avait encore tenté l’expérience, car la tâche s’est avérée plus difficile que prévu ».

Financement participatif

En 2017, Sebastiaan avait un prototype exploitable et il a lancé une campagne de financement participatif pour ses lunettes ‘durables’. Et il a fait un carton, malgré des débuts difficiles en termes de ventes.

« Pour  Sebastiaan, ces lunettes étaient surtout un moyen de sensibiliser les gens au principe de l’économie circulaire », poursuit Lenja. « Chez Yuma Labs, rien ne se perd : une bouteille en plastique jetée, c’est la matière première de nouvelles lunettes de soleil. Pour boucler la boucle, on demande à l’acheteur de renvoyer les lunettes en fin de vie et de les remplacer par une nouvelle paire, avec une réduction très intéressante comme incitant. »

Plus cher

Produire dans une démarche de durabilité, comme le fait Yuma, rend inévitablement le produit final plus cher.

« Du simple au double », reconnait Lenja. « Nous ne voulons certainement pas que l’économie circulaire soit réservée à l’élite. Mais nous tenons compte du cycle de vie entier du produit et nous prenons la responsabilité du recyclage et du réemploi des matières premières. Et soyons clairs, cela coûte davantage que la mise d’un produit sur le marché sans se soucier de ce qu’il en adviendra ultérieurement. »

Viser la croissance

C’est en été 2019 que Lenja Doms et Ronald Duchateau sont venus renforcer l’équipe. L’occasion pour Yuma Labs d’élargir son champ de vision et de ne pas s’intéresser au seul marché du consommateur. Ce mois-ci, Yuma Labs a d’ailleurs annoncé une collaboration avec une grande entreprise de mode. Ce ‘changement d’échelle’ va permettre à l’entreprise d’atteindre un public beaucoup plus large.

La bonne combinaison

Pour se développer, une entreprise a besoin de moyens. Yuma Labs a étudié toute une série de possibilités, indique Lenja.

« Aujourd’hui, les initiatives visant à soutenir l’entrepreneuriat durable, que ce soit de la part des banques, des pouvoirs publics ou d’investisseurs privés, se multiplient. Nous avons toujours essayé de trouver un bon équilibre entre fonds propres et financement extérieur, ainsi qu’entre différentes formes de financement : capital, subsides et emprunts. »

Lenja a un conseil en or à l’intention des autres entrepreneurs en économie circulaire : « Je constate trop souvent que le volet économique de l’histoire est négligé car les entreprises persistent à chercher la solution parfaite, le produit parfait. Cela n’a pas de sens. Il ne faut pas essayer de laver plus blanc que blanc ».

Créer de la valeur

Chez BNP Paribas Fortis, c’est Maxime Prové qui s’occupe du dossier de Yuma Labs. Il abonde dans le sens de Lenja Doms.

« Les entrepreneurs qui se lancent dans le durable ou le social doivent aussi vouloir créer de la valeur. Sinon leur entreprise n’a pas d’avenir. Vous ne pouvez pas mettre en place un modèle économique durable, écologique ou social, sans avoir derrière un projet qui rapporte. C’est la seule manière de grandir, d’engager davantage de personnel et d’avoir plus d’impact. »

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Photo: Karel Hemerijckx

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08.12.2020

I-care est l’Entreprise de l’Année 2020

C’est la société I-care qui succède à EASI au titre convoité de 'L’Entreprise de L’Année', dont la 25e édition avait lieu ce 7 décembre. Proxyclick décroche quant à elle le prix de la 'Scale-up de l’Année'.

C’est finalement I-care, une société basée à Mons et spécialisée dans l’intelligence artificielle pour l’industrie, qui a été élue Entreprise de l’Année et a reçu le trophée envié des mains du Premier ministre Alexander De Croo. Quant à Proxyclick, elle a reçu le titre de Scale-up de l’Année de la part de David Clarinval, ministre des Indépendants et des PME.

'L’Entreprise de l’Année', organisé par EY en partenariat avec L’Echo et notre banque, fêtait cette année sa 25e édition. Et même si la cérémonie se tenait à distance, la récompense obtenue n’en reste pas moins prestigieuse.

I-care, le fleuron belge des services technologiques

I-care est une société pionnière dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la maintenance prédictive industrielle. Créée il y a 16 ans, elle compte aujourd’hui plus de 450 employés – la moitié en Belgique, l’autre répartie dans plus de 10 pays, comme les Etats-Unis, l’Australie ou la Corée du Sud. L’entreprise propose l’une des meilleures plateformes de gestion de l’état de santé des machines industrielles dans le monde.

Grâce aux solutions d’I-care, les équipements industriels sont plus sûrs, plus productifs, plus rentables et moins polluants. Forte de son expertise, de sa technologie et de sa stratégie de croissance, I-care espère devenir leader mondial de la maintenance prédictive d’ici 2025 et atteindre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le Président du jury a été particulièrement conquis par l’innovation dont fait preuve l’entreprise.

"I-care a déposé pas moins de 10 brevets depuis mars malgré l'épidémie de Covid" a déclaré Laurent Levaux. "L’entreprise enthousiasme aussi par une croissance impressionnante de 35% par an, chaque année depuis 15 ans, en Belgique et surtout dans le monde."

Proxyclick, l’étoile montante de l’entrepreneuriat belge

Élue Scale-up de l’Année, Proxyclick offre des solutions permettant aux sites de bureaux et de production de répondre à leurs impératifs de sécurité et de protection des données lors de l’accueil de leurs visiteurs.

Proxyclick compte désormais des clients dans plus de 100 pays à travers le monde, dont L’Oréal, Airbnb, UCB et Sodexo. Constamment à la recherche de nouveaux collaborateurs, l’entreprise veut renforcer sa présence en Amérique du Nord, qui représente déjà 40 % de son chiffre d’affaires. L’objectif de Proxyclick est à présent de dépasser le milliard d’enregistrements avant 2025.

"Son offre de services positionne mondialement Proxyclick au cœur d’un écosystème qui englobe le contrôle d’accès, la gestion des salles de réunions, des accès wifi, jusqu’au traitement automatisé des documents liés aux visiteurs", a déclaré le Baron Pierre Rion, Président du jury. " La gestion complètement intégrée de ces flux lui a permis de s’imposer comme l’incontournable partenaire d’acteurs mondiaux."

Notre banque aux côté des entrepreneurs

Didier Beauvois, Head of Corporate Banking, a réagi à l’annonce des gagnants.

“Cette année, les entreprises ont été confrontées à des défis de taille”, a-t-il déclaré. “Elles ont dû faire preuve de créativité et de flexibilité pour y répondre. I-care y est parvenue en commercialisant son thermomètre 4.0 et en accélérant sa transition digitale. Quant à Proxyclick, elle a développé une nouvelle technologie d’enregistrement en pleine crise sanitaire. Chaque lauréat a montré sa résilience dans ces moments compliqués et affiche un beau parcours. Chacun d’entre eux contribue à un climat entrepreneurial positif en Belgique. Je tiens une fois de plus à féliciter toutes les entreprises finalistes, et j’ai hâte de continuer à accompagner ces entrepreneurs qui font avancer l’économie belge.”

Du côté néerlandophone du pays, le prix 'Onderneming van het Jaar' comme celui de 'Scale-Up van het Jaar' seront remis ce 8 décembre.

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