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18.12.2017

Des start-up se mobilisent pour que la Smart City ne manque pas d'air

Inspirer, expirer. L’air est parfois pollué. Sensio AIR, Clarity, Flow et d’autres start-up s’emploient à améliorer la qualité de l’air, et donc la santé des citoyens, aux côtés de la Smart City.

La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique. L’air pollué serait ainsi la cause de 6,5 millions de morts dans le monde tous les ans d’après une étude publiée le 20 octobre 2017 dans la revue médicale The Lancet. D’après un rapport de l’OCDE, les coûts médicaux liés à la pollution atteindraient les 21 milliards de dollars pour la seule année 2015 et risquent d’augmenter significativement. La qualité de l’air ne concerne pas seulement les pays réputés pollués comme la Chine. Au Danemark, par exemple, la capitale estime à 500 le nombre de Copenhaguois qui meurent des conséquences de la pollution. Pour y remédier, la municipalité mesure, en temps réel, la qualité de l’air. Avoir des données et la capacité de faire un constat est une chose. Encore faut-il agir. Comment les smart cities adressent-elles ce problème ? Quelle collaboration avec les start-up du domaine est possible ? Les villes peuvent prendre des engagements, définir des politiques qui à terme amélioreront la situation. Mais en attendant, que peuvent faire les citoyens à leur échelle ? Des start-up, dont certaines rencontrées au TechCrunch Disrupt 2017 ou au dernier DemoDay de l’accélérateur HAX à San Francisco, proposent des solutions.

Les start-up aident le citoyen à se protéger de la pollution

Près de 25 millions de personnes sont asthmatiques aux États-Unis, d’après la fondation d’Amérique pour l’Asthme et l’Allergie. Or d’après certaines études, non seulement la pollution peut empirer l’état respiratoire d’une personne asthmatique mais peut aussi provoquer la survenance de la maladie chez une personne jusque-là en bonne santé. Pour éviter de souffrir des symptômes, le mieux est encore de respirer un air pur. C’est l’objectif de Sensio AIR. Le CEO et co-fondateur de la jeune pousse Cyrille Najjar, rencontré au TechCrunch Disrupt 2017, explique que son application et son appareil sont destinés aux « gens qui voudraient connaître la qualité de l’air dans les villes mais aussi à la maison ».

Mais pour comprendre ce qu’on respire, à quel indice se vouer ? L’évaluation de la qualité de l’air est en effet encore subjective. « Les organismes internationaux ne se sont pas encore mis d’accord sur un seuil pour chaque polluant au-delà duquel l’air est considéré comme mauvais. Chaque pays suit son propre indice de qualité de l’air, la politique joue donc un rôle primordial dans la détermination de ces seuils », précise l’expert. « La communauté scientifique n’est également pas encore sûre de savoir si une longue exposition modérée à un polluant est plus dangereuse qu’une exposition courte mais extrême… ». Dans ces circonstances, Sensio AIR a décidé de choisir l’indice le plus protecteur pour les citoyens.

La start-up dispose d’un « réseau de capteurs immense » déployés dans les maisons et en ville, qui iront dans « les véhicules, les trains, les bâtiments publics, les hangars... ». Un bon moyen de connaître et communiquer avec précision le niveau de pollution ou d’éléments nocifs dans l’air à un endroit donné, pour prodiguer des conseils. « Nous pourrons connaître les causes et dire aux utilisateurs attention aujourd'hui il faut ouvrir les fenêtres, mettre un déshumidificateur etc. .» Ceux qui souffrent d’asthme et d’allergies peuvent « enregistrer les symptômes sur l’application. Plus ils le font, plus [Sensio AIR] est capable de prédire à l’avance quand cela va se reproduire », ajoute Cyrille Najjar. La start-up se concentre ainsi en particulier sur la prévention des maladies et allergies respiratoires.

Un but qu’elle partage avec la start-up Plume Labs. Cette jeune pousse londonienne aide les utilisateurs à éviter les pics de pollutions grâce à son application Air Report. L’idée ? À défaut de pouvoir améliorer l’air que l’on respire, apprenons à adapter nos activités aux niveaux de pollution. Pour choisir quand aller faire son jogging, emmener les enfants au parc ou sortir le chien, l’utilisateur n’a plus qu’à vérifier le niveau de pollution à l’instant T et celui des heures suivantes, exactement comme il le ferait pour la météo. Et pour savoir ce qu’il en est le plus précisément possible à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison, Plume Labs a lancé un capteur portable, Flow, une sorte de wearable qui s’attache au sac.

Dans le même esprit, la jeune pousse française Wair, présente au CES 2017, propose des foulards avec masque intégré, pour permettre aux piétons et conducteurs de deux roues dans des villes pollués de se protéger des éléments nocifs. Les citoyens sont ainsi poussés à changer leurs habitudes pour mieux respirer. Mais en réalité, leur pouvoir d’action est limité. Tout ne peut pas se régler à l’échelle de l’individu bien que les appareils et capteurs des utilisateurs ont le mérite de déclencher des prises de conscience. Seules les villes intelligentes peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de l’air.

La bonne santé de l’Homme passe par celle de la Smart City au long terme

Pour améliorer la qualité de l’air, les smart cities déploient plusieurs stratégies. À Copenhague, l’entreprise CPH Sense et ses capteurs connectés fournissent des informations sur les niveaux de pollution en temps réel. L’équivalent existe dans plusieurs villes, comme à San Francisco avec notamment le site étatique AirNow. D’après la start-up Clarity, passée par l’accélérateur HAX, le nombre de villes qui mesurent activement la qualité de l’air a triplé en 6 ans : 3000 contre 1100 auparavant. Serait-ce la preuve d’une certaine prise de conscience ?

Dans la ville d’Oakland, au nord de San Francisco, plusieurs acteurs publics et privés ont en tout cas travaillé ensemble pour mieux comprendre les problèmes de pollution de l’air. Des chercheurs de l’Université du Texas à Austin, des équipes de Google Earth Outreach et de l’ONG Environmental defense fund ont dévoilé en juin dernier le résultat de leur collaboration avec Aclima, une start-up qui cherche à recueillir des données sur l’environnement. Les capteurs de cette dernière, placées pendant un an sur des véhicules de Google Street View, ont montré à quel point la qualité de l’air pouvait varier d’un pâté de maison à l’autre. Ce type d’étude démontre la nécessité de mesurer la qualité de l’air le plus localement possible. Et c’est en cela que les jeunes pousses comme Clarity peuvent aider. Son réseau dense de capteurs lui permet de disposer de données sur la qualité de l’air en temps réel qui sont directement téléchargés dans le cloud. « La précision des données est ensuite améliorée grâce à des algorithmes de machine learning, en fonction de celles collectées par les stations gouvernementales », raconte Meiling Gao, docteur en Santé publique et Environnementale et COO de Clarity.

« Les villes possèdent souvent des stations de surveillance de la qualité de l’air qui ont l’avantage d’utiliser des méthodes de référence avec un niveau de précision élevé. En revanche, elles sont très onéreuses y compris en termes de maintenance, et donc rares », affirme Cyrille Najjar, en notant que le Royaume-Uni n’en possède que 150 pour tout le territoire. « Elles sont souvent sur le toit des bâtiments ou loin des zones densément peuplées », précise Meiling Gao. Les capteurs des jeunes pousses, plus nombreux, souvent à bas coût et faciles à entretenir, complètent ainsi ceux de la municipalité et laissent découvrir « une vue d’ensemble de la qualité de l’air de la ville » selon le CEO de Sensio AIR.

Sa start-up peut ainsi alerter la localité en cas de situations inhabituelles ou de problèmes majeurs et faire des recommandations. « Le plan urbain de certaines villes a ainsi été modifié en connaissance de cause pour réduire ces sources de pollutions ponctuelles », révèle le cofondateur de la start-up. « Les feux rouges sont de grandes sources de pollution à cause du redémarrage des véhicules, certains ont donc été déplacés et les routes repensées pour protéger des populations sensibles (enfants en bas-âge, personnes malades, âgées…). La mise en place d’un service de transport en commun renforcé sur des axes pollués a aussi permis de réduire drastiquement les niveaux de pollution. » Si ces recommandations relèvent du bon sens, elles ne sont pas toujours si aisées à mettre en œuvre pour les villes, qui se heurtent à de nombreux obstacles.

Citoyens, acteurs publics et privés, la qualité de l’air doit être l’affaire de tous

L’une des difficultés est liée à « la nature multisectorielle de la gestion de la qualité de l’air », soutient Meiling Gao. « Les agences publiques de protection de l’environnement compétentes pour monitorer la qualité de l’air n’ont pas toujours l’autorité pour implémenter des politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre comme rendre les bus municipaux électriques ou mettre en place des restrictions de circulation dans certaines zones de la ville. » La pollution de l’air concerne les responsables du transport, de l’énergie, de l’environnement et « tous doivent pouvoir s’asseoir à la même table pour régler le problème ». Par ailleurs, ces acteurs ont besoin de meilleures données pour prendre les bonnes décisions. « Les causes de pollution sont multiples, le climat ou l’activité humaine en font partie. Les décisionnaires doivent donc avoir des informations localisées pour comprendre quels facteurs impactent la qualité de l’air, comment y remédier, et quantifier en temps reel l’efficacité de leurs politiques publiques afin de les adapter à la réalité », souligne l’experte.

Sensibiliser la population, engager les habitants en leur faisant prendre conscience que leur comportement peut changer la donne est également une mission de la Smart City. La COO de Clarity considère ainsi que « les informations sur la qualité de l’air devraient être aussi communes et répandues que la météo ou les alertes sur le trafic routier. Et plus les informations concernent des lieux fréquentés par les citoyens comme les écoles, parcs, jardins publics, zones commerciales, plus c’est pertinent pour eux. »

Inversement, les citoyens ont également un rôle à jouer pour pousser la Smart City à prendre ses responsabilités. « Ils peuvent se renseigner sur les risques pour la santé associés à la pollution et encourager les politiques qui amélioreront la qualité de l’air. Des initiatives comme la création d’espaces verts, de voies cyclables, d’un meilleur réseau de transport public font partie de la direction dans laquelle nous voulons que les villes s’engagent afin de créer une ville durable avec des citoyens en bonne santé. Pour cela, avoir de meilleurs données et davantage de données est indispensable », avance Meiling Gao.

La purification de l’air est-elle une solution ?

Reste une dernière piste pour améliorer l’air respiré : si l’air est pollué, pourquoi ne pas le filtrer ou le purifier ? Au-delà des politiques publiques long-termistes cette technique semble être une solution plus radicale, mais développée uniquement à petite échelle. Des start-up comme Molekule ou Arcadya proposent un produit conçu pour la maison, pour améliorer l’air en intérieur, où, disent-elles, l’homme passe le plus clair de son temps. Quand à l’extérieur, Londres teste un banc qui filtre l’air, dans une ruelle de la ville. Situé à Bird Street, AirLabs aspire l’air environnant et rejette de l’air purifié. « Une solution utile au court-terme, mais uniquement en attendant de s’attaquer directement à la source », pour Meiling Gao - autrement dit, un pansement sur une plaie plus importante.

Si mesurer la qualité de l’air peut paraître accessoire quand tout va bien, cela s’avère précieux quand les choses se gâtent. Les récents incendies en Californie ayant sérieusement altéré la qualité de l’air en Silicon Valley, les habitants ont été plus nombreux à se renseigner sur la situation et ses conséquences pour la santé et le mode de vie, et le seront peut-être encore à l’avenir. Espérons que cela motive les cerveaux de la baie à mettre en place de nouvelles GreenTech pour lutter contre la pollution. D’autres techniques modernes représentent déjà un espoir en la matière, comme cette usine islandaise qui absorbe plus de CO2 qu’elle n’en émet.

Source : L’Atelier
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15.01.2021

Utiliserons-nous bientôt le CO² pour construire ?

Construire avec du CO², c’est possible. La carbonatation accélérée permet de fabriquer des matériaux de construction à base de CO². À Gand, un trottoir durable illustre cette nouvelle technologie.

La carbonatation accélérée, aussi appelée minéralisation du CO2 est une technologie prometteuse qui pourrait rendre l'industrie de la construction plus durable. Elle permet non seulement une réduction des émissions de CO2, mais génère également des émissions de CO2 négatives en stockant en permanence le dioxyde de carbone dans des objets tels que des briques ou de nombreux autres matériaux de construction.

CO2 Value Europe, un groupe de réflexion et d'action représentant la communauté CCU (Carbon Capture & Utilization) en Europe, organisait un webinaire à la mi-décembre sur l’application de la carbonatation accélérée dans le secteur de la construction. L’occasion de démontrer le grand potentiel de cette technologie durable au travers d’applications concrètes. BNP Paribas Fortis n’occupe pas seulement un rôle de partenaire financier pour CO2 Value Europe – en tant que banque, nous sommes également très impliqués dans la transition durable au sein de nombreuses entreprises.

Le deuxième secteur industriel le plus polluant

Si l’industrie du ciment est l’une des plus importantes dans le monde, elle se retrouve malheureusement aussi dans le haut du classement des secteurs les plus polluants. Le ciment est l’un des composants principaux du béton, qui est lui-même indispensable dans le secteur de la construction. Une nouvelle solution durable pour la fabrication du ciment permettrait donc de faire une grande différence. Et l’un de ces méthodes pourrait être la minéralisation du CO2, également connue sous le nom de carbonatation. Il s’agit d’une technologie de CCU (capture et utilisation du CO2) encore méconnue, mais qui pourrait avoir un impact considérable sur le climat et sur l’environnement.

Un phénomène naturel accéléré

La carbonatation est un processus naturel au cours duquel certains minéraux réagissent avec du dioxyde de carbone de façon à former un type de calcaire et de dolomite. Dans la nature, ce procédé prend des milliers d’années. Mais avec d’importantes concentrations de CO2 et dans les conditions optimales, cette réaction chimique et ce processus peuvent à présent être accélérés et ne prendre que quelques minutes. Un procédé peu énergivore, dont le résultat peut être utilisé dans la création de différents produits, notamment des briques, au sein desquels le CO2 est enfermé de manière permanente.

Le CO2, encore et toujours

Le développement de cette technologie de CCU s’est accéléré au cours des dernières années. Par conséquent, nous disposons désormais de solutions de remplacement pour le ciment qui répondent aux exigences techniques du secteur de la construction. Le CO2 peut être utilisé de différentes manières dans la production de matériaux de construction. Par exemple, l’injection de CO2 peut remplacer l’eau pour durcir le ciment. Par ailleurs, le CO2 peut également être utilisé pour transformer les déchets minéraux issus des polluantes industries sidérurgique et minière afin de créer de nouveaux produits tels que des granulats pouvant servir de base dans la fabrication de pavés ou de blocs de construction.

Bénéfique pour notre planète

L’effet engendré par la carbonatation accélérée sur l’environnement est considérable, car il agit à différents niveaux. La réduction des émissions de CO2 estimée pour 2030 à l’échelle mondiale se situe entre 250 et 500 millions de tonnes par an (source : CO2 Value Europe).

  • Le CO2 peut être directement prélevé des fumées issues de processus industriels impliquant notamment l’acier, le ciment et la chimie. Aucune purification ou concentration n’est requise.
  • Le CO2 peut être prélevé directement dans l'atmosphère et entraîne ainsi des émissions de carbone négatives.
  • Dans les deux cas, le CO2 est stocké en permanence dans les produits finis.
  • Des déchets minéraux ainsi que des déchets de construction sont utilisés afin de construire de nouveaux matériaux de construction. Ils ne se retrouvent donc plus dans les décharges.
  • Le recyclage permet également de faire appel à moins de nouvelles sources naturelles.

Et les inconvénients ?

Comme chaque nouveauté, cette solution s’accompagne également de défis. Afin de pouvoir proposer une solution de remplacement véritablement concurrentielle et qualitative pour la fabrication du béton dans le cadre d’une économie circulaire, des investissements et des modifications sont nécessaires.

  • Les usines doivent modifier leurs installations. Il est préférable d’être installé à proximité d’une source de CO2 suffisamment importante, comme une usine sidérurgique, afin d’éviter le transport du CO2.
  • La fabrication de nouveaux produits, même à base de dioxyde de carbone et de déchets, requiert de l’énergie et entraîne donc également des émissions de CO2. Afin de renforcer l’effet durable, il est donc important d’utiliser le plus possible d’énergies renouvelables.
  • La carbonatation accélérée est un processus relativement nouveau et elle ne se déroule pas toujours de manière optimale.
  • Se pose également la question des politiques et du cadre législatif, qui ne sont pas encore suffisamment adaptés à cette nouvelle technologie. CO2 Value Europe suit ces évolutions de très près.

Toutefois, malgré ces défis, Andre Bardow, professeur d’Energy & Process Systems Engineering à l’ETH Zurich, a affirmé lors du webinaire qu’il était convaincu que la minéralisation du CO2 réduisait l’empreinte carbone, encore plus que le CCS (capture et stockage du CO2) ou que le stockage du dioxyde de carbone.

Zéro déchet dans notre pays

À l’heure actuelle, partout dans le monde, des usines fabriquent déjà des matériaux de construction pauvres en CO2. L’une d’entre elles est située dans le Limbourg. La société Orbix de Genk a réussi à purifier des déchets résiduels de la production d’acier (appelés scories) afin d’obtenir des minéraux servant de base dans la fabrication de blocs de béton respectueux du climat. Non seulement du CO2 liquide est utilisé dans la production des blocs de béton au lieu du ciment polluant, mais des déchets résiduels qui partiraient normalement à la décharge sont également recyclés. 

Il en existe d’ailleurs un bel exemple à Gand. Orbix a réalisé, en collaboration avec l’institut flamand pour la recherche VITO, le projet tremplin de la ville de Gand, où vous pouvez marcher sur le premier trottoir durable de Belgique : 100 m2, entièrement construits avec des pierres durables et ayant permis une économie de pas moins de 2 tonnes de CO2 !

Vous avez des projets pour 2021 en matière de durabilité ? Nos experts du Sustainable Business Competence Centre peuvent vous donner des conseils sur les innovations, telles que la minéralisation du CO2 mentionnée ci-dessus, et vous accompagner dans votre transition durable.

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15.12.2020

Des lunettes de soleil pour sauver les océans

L’entreprise belge Yuma Labs fabrique des lunettes de soleil avec des bouteilles en plastique recyclées. Start-up d’un seul homme au départ, elle s’est développée et produit aujourd’hui également pour d’autres marques. Mais comment conjuguer croissance et durabilité ? Chez BNP Paribas Fortis, nous avons cru au projet sans hésitation.

Yuma Labs (anciennement YR Yuma), c’est l’œuvre de Sebastiaan de Neubourg, indique la co-gérante Lenja Doms. « Sebastiaan travaillait comme consultant mais l’envie le démangeait d’entreprendre un projet lui-même. Son idée était d’imprimer des lunettes de soleil avec une imprimante en 3D, à partir de plastique recyclé. A l’époque, il a vite compris pourquoi personne n’avait encore tenté l’expérience, car la tâche s’est avérée plus difficile que prévu ».

Financement participatif

En 2017, Sebastiaan avait un prototype exploitable et il a lancé une campagne de financement participatif pour ses lunettes ‘durables’. Et il a fait un carton, malgré des débuts difficiles en termes de ventes.

« Pour  Sebastiaan, ces lunettes étaient surtout un moyen de sensibiliser les gens au principe de l’économie circulaire », poursuit Lenja. « Chez Yuma Labs, rien ne se perd : une bouteille en plastique jetée, c’est la matière première de nouvelles lunettes de soleil. Pour boucler la boucle, on demande à l’acheteur de renvoyer les lunettes en fin de vie et de les remplacer par une nouvelle paire, avec une réduction très intéressante comme incitant. »

Plus cher

Produire dans une démarche de durabilité, comme le fait Yuma, rend inévitablement le produit final plus cher.

« Du simple au double », reconnait Lenja. « Nous ne voulons certainement pas que l’économie circulaire soit réservée à l’élite. Mais nous tenons compte du cycle de vie entier du produit et nous prenons la responsabilité du recyclage et du réemploi des matières premières. Et soyons clairs, cela coûte davantage que la mise d’un produit sur le marché sans se soucier de ce qu’il en adviendra ultérieurement. »

Viser la croissance

C’est en été 2019 que Lenja Doms et Ronald Duchateau sont venus renforcer l’équipe. L’occasion pour Yuma Labs d’élargir son champ de vision et de ne pas s’intéresser au seul marché du consommateur. Ce mois-ci, Yuma Labs a d’ailleurs annoncé une collaboration avec une grande entreprise de mode. Ce ‘changement d’échelle’ va permettre à l’entreprise d’atteindre un public beaucoup plus large.

La bonne combinaison

Pour se développer, une entreprise a besoin de moyens. Yuma Labs a étudié toute une série de possibilités, indique Lenja.

« Aujourd’hui, les initiatives visant à soutenir l’entrepreneuriat durable, que ce soit de la part des banques, des pouvoirs publics ou d’investisseurs privés, se multiplient. Nous avons toujours essayé de trouver un bon équilibre entre fonds propres et financement extérieur, ainsi qu’entre différentes formes de financement : capital, subsides et emprunts. »

Lenja a un conseil en or à l’intention des autres entrepreneurs en économie circulaire : « Je constate trop souvent que le volet économique de l’histoire est négligé car les entreprises persistent à chercher la solution parfaite, le produit parfait. Cela n’a pas de sens. Il ne faut pas essayer de laver plus blanc que blanc ».

Créer de la valeur

Chez BNP Paribas Fortis, c’est Maxime Prové qui s’occupe du dossier de Yuma Labs. Il abonde dans le sens de Lenja Doms.

« Les entrepreneurs qui se lancent dans le durable ou le social doivent aussi vouloir créer de la valeur. Sinon leur entreprise n’a pas d’avenir. Vous ne pouvez pas mettre en place un modèle économique durable, écologique ou social, sans avoir derrière un projet qui rapporte. C’est la seule manière de grandir, d’engager davantage de personnel et d’avoir plus d’impact. »

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Photo: Karel Hemerijckx

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07.12.2020

Anticiper l’interdiction des gaz fluorés, un enjeu important des PME

Certains gaz fluorés, utilisés dans les systèmes de climatisation et de refroidissement, seront interdits d’ici 2030 suite à une directive européenne. N’attendez pas pour autant 2029 pour vous y adapter.

Quand il y a du froid, il a certainement des gaz fluorés. Voilà comment on pourrait simplifier et imager l’utilisation de ces gaz. Du glacier aux systèmes de climatisation en passant par les laboratoires et les pharmacies, les gaz fluorés sont très utilisés dans l’industrie et le commerce.

Problème, ces gaz seront progressivement interdits d’ici 2030 suite à une directive européenne transposée en Belgique. « Pourquoi ? Car ces gaz ont un très haut pouvoir d’émission de CO2 » comme le fait remarquer Véronique Leonard, responsable du pôle environnement de la Sowalfin dans la vidéo ci-dessous. Un enjeu important pour les PME : « les décisions qu’elles prennent aujourd’hui auront un impact dans le futur, car la législation aura évolué », continue-t-elle.

Et si on ne suit pas cette directive ?

« Commençons par le moins agréable : les entreprises qui ne seront pas en règle devront faire face à des amendes salées », prévient Erik Vanberg, Sustainable Business Developer au sein du Sustainable Business Competence Centre (SBCC) de BNP Paribas Fortis>.

L’objectif de cette décision est surtout d’accélérer la transition durable des PME et entreprises. Cela leur permettra de concrétiser leur engagement durable et de limiter l’impact financier de cette directive.

« Dans une stratégie de décarbonation, le frigo doit faire partie des premiers leviers à activer », explique l'expert du SBCC. « Au même titre que le recours aux LED, la mise en place de chaudières à haut rendement ou encore l'amélioration de l'isolation de bâtiments ».

Les premiers pas vers cette transition sont possibles et faciles à mettre en place.

Découvrez l’interview vidéo de Véronique Leonard, responsable du pôle environnement de la Sowalfin. 

Nos experts du Sustainable Business Competence Centre
vous accompagnent tout au long de votre transition durable.
N’hésitez pas à prendre contact avec eux !
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18.11.2020

Économie à faible intensité carbonique : notre collaboration au CO2 Value Day européen

Le 4e CO2 Value Day s'est tenu en ligne le 10 novembre. Durant l'événement, que nous avons aidé à organiser comme partenaire, les progrès réalisés dans le développement de l'industrie CCU ont été évalués.

Chez BNP Paribas Fortis, nous sommes heureux d'avoir contribué à la réalisation logistique de cet événement, car le thème CCU (Carbon Capture & Utilisation) nous tient à cœur comme en témoignent nos propres efforts en faveur d'une économie à faible intensité carbonique.

À propos du CCU et de CO2 Value Europe

« Carbon Capture & Utilisation » englobe tous les processus industriels visant à capter le CO2 – des sources industrielles ou directement dans l'air – et à le transformer en produits utilisables. Aujourd'hui, le carbone n'est donc plus seulement un déchet, mais il peut être réutilisé comme matière première pour de nombreuses applications, comme les matériaux de construction, la production de combustibles et dans l'industrie chimique.

Fondée en 2017, CO2 Value Europe vise à promouvoir le développement et la commercialisation de ces solutions industrielles durables, contribuant ainsi à réduire les émissions mondiales de CO2 et à diversifier la base de matières premières, loin du pétrole et du gaz fossiles. L'organisation réunit plus de 50 entreprises issues de différents secteurs dans toute l'Europe, dont 12 multinationales. En tant que seul partenaire financier, nous soutenons CO2 Value Europe en permettant à l'organisation d'accéder à notre expertise et à notre réseau.

L'événement

Le CO2 Value Day est à chaque fois une occasion unique pour tous les membres de CO2 Value Europe d'évaluer les progrès communs dans le développement de l'industrie CCU. Cette année encore, l'événement a été un mélange de présentations plénières, de discours et d'ateliers interactifs.

Après un accueil et une introduction de Stefanie Kesting, présidente de CO2 Value Europe, Sébastien Soleille a pris la parole. En tant que Global Head of Energy Transition & Environment au sein de notre banque, il a évoqué le rôle des banques dans le soutien du développement durable. Une responsabilité que nous ne prenons pas à la légère chez BNP Paribas Fortis : avec notre Sustainable Business Competence Centre, nous aidons les entreprises depuis des années dans leur transition durable. Nous nous concentrons sur 4 piliers : la décarbonisation, l'économie circulaire, le capital humain et les villes intelligentes.

Vincent Basuyau, Policy Officer chez DG GROW, a ensuite parlé du CCU dans le contexte actuel de la politique de l'UE. Il a principalement traité de l'Innovation Fund, créé par l'Europe pour investir dans des projets innovants qui décarbonisent les activités industrielles en Europe.

Les projets de 2021 ont également été dévoilés. Au cours de l'année à venir, CO2 Value Europe se concentrera surtout sur le développement et les applications commerciales des technologies CCU. L'objectif est de coordonner les nombreux acteurs différents impliqués dans l'utilisation du CO2 en Europe, d'intégrer leurs efforts dans la chaîne de valeur et de devenir l'ambassadeur de la communauté des utilisateurs de CO2 à l'égard des décideurs politiques et des investisseurs. Car un cadre juridique et commercial favorable est une exigence pour pouvoir lancer des solutions CCU sur le marché.

Pour stimuler le développement des technologies, CO2 Value Europe compte :

  • offrir des solutions pour réduire les émissions nettes de CO2 des secteurs difficiles à décarboniser, tels que les industries de transformation à forte intensité énergétique (p. ex. ciment et chaux, produits chimiques, acier et autres métaux) ou le secteur des transports ;
  • créer des émissions négatives lors de la séparation du CO2 dans les matériaux de construction résultant de la carbonatation des déchets minéraux ;
  • offrir une matière première alternative à la production de composants chimiques, en remplacement du pétrole et du gaz fossiles ;
  • faciliter le stockage et le transport des énergies renouvelables afin d'accélérer la transition des systèmes énergétiques dans l'UE ;

Deux sessions break-out ont également eu lieu : la première a été consacrée à l’élaboration d'une stratégie de création d’un cadre réglementaire soutenant les technologies CCU.

La seconde session portait sur les projets et le financement. Aymeric Olibet, Sustainable Business Advisor chez BNP Paribas Fortis, y a notamment parlé des solutions que nous proposons aux entreprises avec notre Sustainable Business Competence Centre. Il a également évoqué le financement de projets durables via des green bonds et des green loans, ainsi que le blended finance, un mélange de financement public et privé.

Enfin, les participants ont pu entrer en contact avec d'autres participants pendant les speed meetings en ligne.

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