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18.12.2017

Des start-up se mobilisent pour que la Smart City ne manque pas d'air

Inspirer, expirer. L’air est parfois pollué. Sensio AIR, Clarity, Flow et d’autres start-up s’emploient à améliorer la qualité de l’air, et donc la santé des citoyens, aux côtés de la Smart City.

La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique. L’air pollué serait ainsi la cause de 6,5 millions de morts dans le monde tous les ans d’après une étude publiée le 20 octobre 2017 dans la revue médicale The Lancet. D’après un rapport de l’OCDE, les coûts médicaux liés à la pollution atteindraient les 21 milliards de dollars pour la seule année 2015 et risquent d’augmenter significativement. La qualité de l’air ne concerne pas seulement les pays réputés pollués comme la Chine. Au Danemark, par exemple, la capitale estime à 500 le nombre de Copenhaguois qui meurent des conséquences de la pollution. Pour y remédier, la municipalité mesure, en temps réel, la qualité de l’air. Avoir des données et la capacité de faire un constat est une chose. Encore faut-il agir. Comment les smart cities adressent-elles ce problème ? Quelle collaboration avec les start-up du domaine est possible ? Les villes peuvent prendre des engagements, définir des politiques qui à terme amélioreront la situation. Mais en attendant, que peuvent faire les citoyens à leur échelle ? Des start-up, dont certaines rencontrées au TechCrunch Disrupt 2017 ou au dernier DemoDay de l’accélérateur HAX à San Francisco, proposent des solutions.

Les start-up aident le citoyen à se protéger de la pollution

Près de 25 millions de personnes sont asthmatiques aux États-Unis, d’après la fondation d’Amérique pour l’Asthme et l’Allergie. Or d’après certaines études, non seulement la pollution peut empirer l’état respiratoire d’une personne asthmatique mais peut aussi provoquer la survenance de la maladie chez une personne jusque-là en bonne santé. Pour éviter de souffrir des symptômes, le mieux est encore de respirer un air pur. C’est l’objectif de Sensio AIR. Le CEO et co-fondateur de la jeune pousse Cyrille Najjar, rencontré au TechCrunch Disrupt 2017, explique que son application et son appareil sont destinés aux « gens qui voudraient connaître la qualité de l’air dans les villes mais aussi à la maison ».

Mais pour comprendre ce qu’on respire, à quel indice se vouer ? L’évaluation de la qualité de l’air est en effet encore subjective. « Les organismes internationaux ne se sont pas encore mis d’accord sur un seuil pour chaque polluant au-delà duquel l’air est considéré comme mauvais. Chaque pays suit son propre indice de qualité de l’air, la politique joue donc un rôle primordial dans la détermination de ces seuils », précise l’expert. « La communauté scientifique n’est également pas encore sûre de savoir si une longue exposition modérée à un polluant est plus dangereuse qu’une exposition courte mais extrême… ». Dans ces circonstances, Sensio AIR a décidé de choisir l’indice le plus protecteur pour les citoyens.

La start-up dispose d’un « réseau de capteurs immense » déployés dans les maisons et en ville, qui iront dans « les véhicules, les trains, les bâtiments publics, les hangars... ». Un bon moyen de connaître et communiquer avec précision le niveau de pollution ou d’éléments nocifs dans l’air à un endroit donné, pour prodiguer des conseils. « Nous pourrons connaître les causes et dire aux utilisateurs attention aujourd'hui il faut ouvrir les fenêtres, mettre un déshumidificateur etc. .» Ceux qui souffrent d’asthme et d’allergies peuvent « enregistrer les symptômes sur l’application. Plus ils le font, plus [Sensio AIR] est capable de prédire à l’avance quand cela va se reproduire », ajoute Cyrille Najjar. La start-up se concentre ainsi en particulier sur la prévention des maladies et allergies respiratoires.

Un but qu’elle partage avec la start-up Plume Labs. Cette jeune pousse londonienne aide les utilisateurs à éviter les pics de pollutions grâce à son application Air Report. L’idée ? À défaut de pouvoir améliorer l’air que l’on respire, apprenons à adapter nos activités aux niveaux de pollution. Pour choisir quand aller faire son jogging, emmener les enfants au parc ou sortir le chien, l’utilisateur n’a plus qu’à vérifier le niveau de pollution à l’instant T et celui des heures suivantes, exactement comme il le ferait pour la météo. Et pour savoir ce qu’il en est le plus précisément possible à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison, Plume Labs a lancé un capteur portable, Flow, une sorte de wearable qui s’attache au sac.

Dans le même esprit, la jeune pousse française Wair, présente au CES 2017, propose des foulards avec masque intégré, pour permettre aux piétons et conducteurs de deux roues dans des villes pollués de se protéger des éléments nocifs. Les citoyens sont ainsi poussés à changer leurs habitudes pour mieux respirer. Mais en réalité, leur pouvoir d’action est limité. Tout ne peut pas se régler à l’échelle de l’individu bien que les appareils et capteurs des utilisateurs ont le mérite de déclencher des prises de conscience. Seules les villes intelligentes peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de l’air.

La bonne santé de l’Homme passe par celle de la Smart City au long terme

Pour améliorer la qualité de l’air, les smart cities déploient plusieurs stratégies. À Copenhague, l’entreprise CPH Sense et ses capteurs connectés fournissent des informations sur les niveaux de pollution en temps réel. L’équivalent existe dans plusieurs villes, comme à San Francisco avec notamment le site étatique AirNow. D’après la start-up Clarity, passée par l’accélérateur HAX, le nombre de villes qui mesurent activement la qualité de l’air a triplé en 6 ans : 3000 contre 1100 auparavant. Serait-ce la preuve d’une certaine prise de conscience ?

Dans la ville d’Oakland, au nord de San Francisco, plusieurs acteurs publics et privés ont en tout cas travaillé ensemble pour mieux comprendre les problèmes de pollution de l’air. Des chercheurs de l’Université du Texas à Austin, des équipes de Google Earth Outreach et de l’ONG Environmental defense fund ont dévoilé en juin dernier le résultat de leur collaboration avec Aclima, une start-up qui cherche à recueillir des données sur l’environnement. Les capteurs de cette dernière, placées pendant un an sur des véhicules de Google Street View, ont montré à quel point la qualité de l’air pouvait varier d’un pâté de maison à l’autre. Ce type d’étude démontre la nécessité de mesurer la qualité de l’air le plus localement possible. Et c’est en cela que les jeunes pousses comme Clarity peuvent aider. Son réseau dense de capteurs lui permet de disposer de données sur la qualité de l’air en temps réel qui sont directement téléchargés dans le cloud. « La précision des données est ensuite améliorée grâce à des algorithmes de machine learning, en fonction de celles collectées par les stations gouvernementales », raconte Meiling Gao, docteur en Santé publique et Environnementale et COO de Clarity.

« Les villes possèdent souvent des stations de surveillance de la qualité de l’air qui ont l’avantage d’utiliser des méthodes de référence avec un niveau de précision élevé. En revanche, elles sont très onéreuses y compris en termes de maintenance, et donc rares », affirme Cyrille Najjar, en notant que le Royaume-Uni n’en possède que 150 pour tout le territoire. « Elles sont souvent sur le toit des bâtiments ou loin des zones densément peuplées », précise Meiling Gao. Les capteurs des jeunes pousses, plus nombreux, souvent à bas coût et faciles à entretenir, complètent ainsi ceux de la municipalité et laissent découvrir « une vue d’ensemble de la qualité de l’air de la ville » selon le CEO de Sensio AIR.

Sa start-up peut ainsi alerter la localité en cas de situations inhabituelles ou de problèmes majeurs et faire des recommandations. « Le plan urbain de certaines villes a ainsi été modifié en connaissance de cause pour réduire ces sources de pollutions ponctuelles », révèle le cofondateur de la start-up. « Les feux rouges sont de grandes sources de pollution à cause du redémarrage des véhicules, certains ont donc été déplacés et les routes repensées pour protéger des populations sensibles (enfants en bas-âge, personnes malades, âgées…). La mise en place d’un service de transport en commun renforcé sur des axes pollués a aussi permis de réduire drastiquement les niveaux de pollution. » Si ces recommandations relèvent du bon sens, elles ne sont pas toujours si aisées à mettre en œuvre pour les villes, qui se heurtent à de nombreux obstacles.

Citoyens, acteurs publics et privés, la qualité de l’air doit être l’affaire de tous

L’une des difficultés est liée à « la nature multisectorielle de la gestion de la qualité de l’air », soutient Meiling Gao. « Les agences publiques de protection de l’environnement compétentes pour monitorer la qualité de l’air n’ont pas toujours l’autorité pour implémenter des politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre comme rendre les bus municipaux électriques ou mettre en place des restrictions de circulation dans certaines zones de la ville. » La pollution de l’air concerne les responsables du transport, de l’énergie, de l’environnement et « tous doivent pouvoir s’asseoir à la même table pour régler le problème ». Par ailleurs, ces acteurs ont besoin de meilleures données pour prendre les bonnes décisions. « Les causes de pollution sont multiples, le climat ou l’activité humaine en font partie. Les décisionnaires doivent donc avoir des informations localisées pour comprendre quels facteurs impactent la qualité de l’air, comment y remédier, et quantifier en temps reel l’efficacité de leurs politiques publiques afin de les adapter à la réalité », souligne l’experte.

Sensibiliser la population, engager les habitants en leur faisant prendre conscience que leur comportement peut changer la donne est également une mission de la Smart City. La COO de Clarity considère ainsi que « les informations sur la qualité de l’air devraient être aussi communes et répandues que la météo ou les alertes sur le trafic routier. Et plus les informations concernent des lieux fréquentés par les citoyens comme les écoles, parcs, jardins publics, zones commerciales, plus c’est pertinent pour eux. »

Inversement, les citoyens ont également un rôle à jouer pour pousser la Smart City à prendre ses responsabilités. « Ils peuvent se renseigner sur les risques pour la santé associés à la pollution et encourager les politiques qui amélioreront la qualité de l’air. Des initiatives comme la création d’espaces verts, de voies cyclables, d’un meilleur réseau de transport public font partie de la direction dans laquelle nous voulons que les villes s’engagent afin de créer une ville durable avec des citoyens en bonne santé. Pour cela, avoir de meilleurs données et davantage de données est indispensable », avance Meiling Gao.

La purification de l’air est-elle une solution ?

Reste une dernière piste pour améliorer l’air respiré : si l’air est pollué, pourquoi ne pas le filtrer ou le purifier ? Au-delà des politiques publiques long-termistes cette technique semble être une solution plus radicale, mais développée uniquement à petite échelle. Des start-up comme Molekule ou Arcadya proposent un produit conçu pour la maison, pour améliorer l’air en intérieur, où, disent-elles, l’homme passe le plus clair de son temps. Quand à l’extérieur, Londres teste un banc qui filtre l’air, dans une ruelle de la ville. Situé à Bird Street, AirLabs aspire l’air environnant et rejette de l’air purifié. « Une solution utile au court-terme, mais uniquement en attendant de s’attaquer directement à la source », pour Meiling Gao - autrement dit, un pansement sur une plaie plus importante.

Si mesurer la qualité de l’air peut paraître accessoire quand tout va bien, cela s’avère précieux quand les choses se gâtent. Les récents incendies en Californie ayant sérieusement altéré la qualité de l’air en Silicon Valley, les habitants ont été plus nombreux à se renseigner sur la situation et ses conséquences pour la santé et le mode de vie, et le seront peut-être encore à l’avenir. Espérons que cela motive les cerveaux de la baie à mettre en place de nouvelles GreenTech pour lutter contre la pollution. D’autres techniques modernes représentent déjà un espoir en la matière, comme cette usine islandaise qui absorbe plus de CO2 qu’elle n’en émet.

Source : L’Atelier
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06.09.2023

Nouvelle mobilité : l’atout technologie

La technologie est-elle un atout pour aller vers une nouvelle mobilité pour les entreprises ? Voici ce qu’en pense Philippe Kahn, Mobility Solutions Expert.

Aujourd’hui plus que jamais, les entreprises doivent repenser leur mobilité pour qu’elle s’inscrive dans l’indispensable transition durable de nos sociétés. Depuis le 1er juillet 2023, la réglementation prévoyant à l’horizon 2026 la fin de la déductibilité fiscale pour les véhicules d’entreprise thermiques produit ses premiers effets. Dans le même temps, le budget fédéral de mobilité et ses récentes évolutions rendent cette (r)évolution bien plus concrète et praticable. Et une chose est sûre : les outils technologiques, en particulier les applications, ont un rôle clé à jouer. Mobility Solutions Expert chez Arval BNP Paribas Group, Philippe Kahn nous explique pourquoi.

1er juillet 2023 : une date clé

« Pendant les quelques semaines qui ont suivi le moment charnière du 1er juillet 2023, nous avons déjà constaté un changement dans les besoins exprimés par nos entreprises clientes », explique Philippe Kahn. « Certaines d’entre elles avaient déjà fait des pas concrets vers la transition durable. Mais aujourd’hui, elles sont d’autant plus nombreuses à devoir aussi répondre aux questions et préoccupations concrètes de leurs employés. Comment vais-je pouvoir utiliser une voiture électrique alors que j’habite en ville et que je n’ai pas de bornes de recharge à disposition ? Ai-je envie de chercher tous les deux jours un endroit fiable pour effectuer cette recharge ? Et suis-je prêt·e à repenser fondamentalement ma mobilité ? Donner une réponse satisfaisante à ces interrogations est forcément une priorité pour les employeurs. Au-delà de la gestion de A à Z d’un véhicule électrique de société, donc y compris la question de sa recharge, de plus en plus d’entreprises commencent à repenser leur politique de mobilité globale, en analysant toutes les alternatives existantes, notamment celles multimodales. Et c’est une excellente nouvelle, car c’est un passage obligé pour l’avenir. Je pense donc que la demande pour de telles solutions va devenir de plus en plus importante. Pour y répondre de manière fluide, la technologie et notamment les applications sont un atout de poids. »

Anticiper pour mieux servir

Si la question est en train d’émerger au sein des entreprises, elle est depuis des années une priorité pour Arval, BNP Paribas Fortis et Philippe Kahn. « Cela fait plus de cinq ans que nous anticipons les changements en cours, avec pour objectif d’avoir une vision de la mobilité et une expertise bien plus larges que le seul leasing. Aujourd’hui, nous disposons d’ailleurs d’un département complet qui s’en occupe exclusivement. Grâce à cette expertise, nous répondons et même devançons les besoins des entreprises qui n’ont pas l’expérience de ces questions, et qui se sentent parfois un peu perdues par rapport à cette révolution de la mobilité. »

Une expérience simplifiée et plus fluide grâce à la technologie

Mais pourquoi et comment la technologie joue-t-elle un rôle important dans cette transition vers une mobilité plus durable des entreprises ? « Pour rendre l’expérience de cette nouvelle mobilité plus simple et fluide pour ses utilisateurs. Et c’est dans ce sens que vont les derniers développements du marché », répond Philippe Kahn. « C’est d’ailleurs aussi à ça que servent les  nouvelles applications dédiées à la mobilité que nous proposons désormais à nos entreprises clientes. Pour les employeurs, elles facilitent la gestion du budget mobilité mis en place par les autorités fédérales. Ce budget, ses trois piliers et ses récentes évolutions sont un facteur crucial pour repenser la mobilité. Mais il s’accompagne aussi d’une certaine complexité réglementaire. C’est pour faciliter cette gestion que nous avons initié il y a cinq ans déjà le développement de toute une série d’outils technologiques. Par exemple pour permettre à nos clients de gérer très facilement le choix combiné d’une voiture électrique et d’un vélo dans le cadre de ce budget mobilité. Dans cette logique d’innovation ciblant l’expérience utilisateur, nos applications intègrent très concrètement toutes les facettes de la nouvelle mobilité professionnelle, accessibles depuis un smartphone. Utilisation de transports publics, mobilité de partage, taxi, et même le parking alors qu’il n’est pas repris dans le budget mobilité : tout s’y retrouve en un seul endroit. Cela facilite aussi la gestion des transactions : les achats mobilité d’un faible montant, comme celui d’un ticket de bus, sont automatiquement pris en compte et validés. Il n’y a dès lors plus de vérification manuelle nécessaire. Dans la même logique, il ne faut plus avancer ni rembourser quoi que ce soit… ni donc conserver et gérer des preuves d’achat. En résumé, les app simplifient le budget mobilité, en proposant de manière conviviale tous ses composants importants : voiture, vélo, scooter, multimodalité, transports publics, mobilité partagée… »

La technologie, un accélérateur de stratégie

L’exemple du trajet d’innovation tracé par Arval Belgique illustre parfaitement pourquoi la technologie est un accélérateur important pour implémenter de nouvelles stratégies de mobilité. Et bien évidemment, ce qui existe aujourd’hui est appelé à évoluer très rapidement, pour aller vers une expérience utilisateur toujours plus riche. Philippe Kahn : «Beaucoup d’outils innovants existent déjà. Mais l’un des défis, lié à la complexité belge, est d’arriver à fédérer tous les acteurs concernés sous le même étendard, pour que le résultat de ce travail collaboratif se retrouve dans une seule et même app « magique ». Ce qui existe aujourd’hui en Belgique a souvent une portée locale. C’est une limitation qui n’existe par exemple pas aux Pays-Bas grâce à la carte OV.  La réalité urbanistique de notre pays est aussi un challenge. Car en dehors des grands centres urbains, la mise en place de Hubs de mobilité où toutes les moyens de déplacement sont accessibles est moins aisée. »

Une chose est sûre : la transition vers la nouvelle mobilité des entreprises est sur les rails. Et la nouvelle app d’Arval Belgique  est un outil précieux pour nos entreprises. « Cette innovation technologique permet dès maintenant d’atténuer la complexité réglementaire pour les employeurs et de fluidifier très concrètement pour les employés et employées leur expérience de la multimodalité », conclut Philippe Kahn.

Arval Belgium SA, Ikaroslaan 99, 1930 Zaventem – RPM Bruxelles – TVA BE 0436.781.102, intermédiaire en assurances à titre accessoire, inscrit auprès de la FSMA sous le numéro 047238 A. Sous réserve d’acceptation de votre demande.

Arval Belgium S.A. est une filiale de BNP Paribas Fortis

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22.06.2023

Transport maritime : zoom sur l’impact de la décarbonation et de la transition énergétique

Fin mai, BNP Paribas Fortis et l’Université d’Anvers ont réuni une flopée d’experts pour échanger sur les nombreux défis liés à la décarbonation du secteur du transport maritime. Que faut-il en retenir ?

Née il y a 12 ans, la Chaire BNP Paribas Fortis Transport, Logistique et Ports – liée à l’Université d’Anvers – mène des recherches approfondies pour trouver des moyens concrets et innovants de créer un écosystème maritime de plus en plus résilient. Et durable !

Forte du succès rencontré par ses deux premiers événements d’envergure, en 2017 et 2019, la chaire a décidé de remettre le couvert cette année. C’est ainsi que, le 25 mai 2023, une série de spécialistes et d’acteurs du secteur portuaire et du transport maritime se sont réunis dans les locaux de BNP Paribas Fortis, à Anvers, pour débattre de l’impact de la décarbonation dans l’écosystème maritime.

Voici leurs principales conclusions…

1 – Il faut passer à la vitesse supérieure

Le transport maritime est actuellement la forme de transport commercial la plus économe en carbone, sur la base du CO₂ émis par tonne et par kilomètre. Mais il peut faire mieux.

Jusqu’ici, les acteurs du secteur ont privilégié les gains rapides. En modifiant les hélices des navires et en adaptant leur vitesse, par exemple. Mais le 25 mai, les experts se sont accordés sur le fait qu’il est temps à présent d’expérimenter de nouveaux carburants et de nouvelles technologies, et d’évoluer vers des carburants à émissions (quasi) nulles. Le rythme du changement s’accélère, mais il n'y a pas encore de solution miracle. Les coûts (et les risques) sont énormes.

2 – Une réglementation internationale, SVP (et une seule) !

Le cadre réglementaire est complexe et en constante évolution.

D’ici 2030, l’Organisation maritime internationale (OMI), qui dépend de l’ONU, s’engage à réduire la production de carbone de tous les navires de 40% par rapport à 2008. Et de 70% d’ici 2050.

L’Union européenne, elle, s’engage à réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime d’au moins 55% d’ici 2030, par rapport à 1990. D’ici 2024, un système d’échange de quotas d’émission (SCEQE) s’appliquera à tous les navires de plus de 5.000 tonnes brutes à destination ou en provenance des ports de l’UE.

Bref : les choses bougent, et dans la bonne direction. Le hic, selon les acteurs du secteur, c’est que de nombreux programmes régionaux et suprarégionaux subsistent en parallèle. Et que cela entraîne une surcharge administrative et financière.

Le 25 mai, toutes les parties prenantes se sont accordées sur deux points : premièrement, une politique internationale unique est indispensable, puisqu’il s’agit d’un secteur mondial ; deuxièmement, les acteurs qui ne respectent pas les règles doivent être sanctionnés.

3 – La transition vers la neutralité carbone sera coûteuse 

L’investissement nécessaire à la construction de nouveaux navires plus écologiques est estimé à 5.000 milliards de dollars d’ici 2050. Le coût de la modernisation de la flotte existante n’est pas encore connu, quant à lui, mais il ne sera pas nul… Par ailleurs, l’investissement nécessaire pour renouveler les infrastructures portuaires s’annonce colossal.

4 – Carburant et/ou technologie de prédilection : l’incertitude règne

Quel sera le carburant ou la technologie du futur ? Les opinions divergent.

De nombreux types de carburant à faibles émissions devraient coexister pendant un certain temps. L’électricité ne sera utilisée que sur les navires côtiers, les ferries et certains remorqueurs. Les grands navires utiliseront du gaz naturel liquéfié (GNL) ou du gaz de pétrole liquéfié (GPL), du méthanol, de l’ammoniac et peut-être même des biocarburants.

Le transport sur de longues distances dépendra dans un premier temps du carburant lourd, éventuellement avec capture et stockage du carbone. L’hydrogène a du potentiel, mais sa densité, son stockage et sa manipulation posent question. L’éolien, le solaire et le nucléaire ne sont pas en reste.

Mais le véritable problème, actuellement, est que si le nombre de navires pouvant fonctionner avec des carburants plus propres augmente effectivement, ces carburants ne sont pas encore suffisamment disponibles à l’échelle internationale. Autrement dit, l’offre est nettement inférieure à la demande.

5 – Les banques jouent un rôle clé

Les banques jouent un rôle clé dans le financement de la transition énergétique. En 2019, onze institutions financières – majoritairement européennes, dont le Groupe BNP Paribas – ont instauré les principes de Poséidon, qui soutiennent la transition vers un shipping à faible émission de carbone. Grâce à ce cadre mondial, l’intensité carbone des prêts bancaires du secteur maritime peut être mesurée, et connue de tous et toutes. Aujourd’hui, on dénombre 24 signataires, dont des institutions financières japonaises. Et c’est une bonne nouvelle.

Envie d’en savoir plus ?

Les présentations, vidéos et photos de l’événement du 25 mai 2023 sont disponibles sur cette page.

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02.05.2023

Où en sommes-nous sur la voie de la mobilité durable ?

Il ressort d’une enquête sur la mobilité réalisée à la demande de BNP Paribas Fortis que cette question restera un défi important pour les années à venir. La banque est bien déterminée à assumer son rôle.

Une étude sur la mobilité réalisée en novembre 2022 auprès de 2.000 personnes représentatives de la population belge révèle que le passage à la conduite électrique a du mal à se faire. Près de 80% des personnes interrogées roulent encore au diesel ou à l’essence et plus d’un tiers d’entre elles n’ont pas l’intention d’échanger à court terme leur voiture contre un modèle plus écologique. Pourtant, près de 50% des répondants souhaitent rouler en électrique d’ici 2029. Mais plusieurs obstacles devront être surmontés pour atteindre ce niveau. Selon deux tiers des personnes interrogées, la banque doit elle aussi jouer un rôle proactif dans la transition vers une mobilité durable.

  • À l’heure actuelle, seuls 10% des véhicules en circulation sont électriques, hybrides ou à hydrogène. Leurs utilisateurs en sont toutefois très satisfaits. Les bornes de recharge publiques constituent un point noir. La plupart des utilisateurs disposent de leur propre borne de recharge. Le climat reste l’argument le plus important en faveur de la transition.
  • Changer ses habitudes de mobilité n’est pas si simple. Le passage à l’électrique est lent et il faut davantage d’incitants, comme des mesures fiscales, mais surtout une obligation des pouvoirs publics. Les prix doivent également baisser, et une solution doit être trouvée aux inconvénients d'ordre pratique tels que les temps de recharge et l’autonomie.
  • Par conséquent, l’enthousiasme à l’égard des nouvelles initiatives en matière de mobilité est plutôt modéré. Mais une application qui combinerait les solutions de mobilité rencontrerait probablement beaucoup de succès, surtout dans les grandes villes.
  • La mobilité et le travail sont étroitement liés. Un travailleur sur trois y consacre au moins une heure par jour. Le télétravail n’est une solution que pour 50% des personnes interrogées, l’autre moitié n’ayant pas la possibilité de travailler même ponctuellement à la maison.
  • Le recours aux voitures, bornes de recharge et vélos partagés n’est pas encore ancré dans les habitudes. Il faudra donc encore sensibiliser davantage à la nouvelle mobilité.

Partenaire de mobilité

BNP Paribas Fortis veut absolument continuer à contribuer à une mobilité plus durable et être un partenaire de mobilité tant pour ses clientes et clients professionnels que particuliers. Pour ce faire, nous mettons à votre disposition les bonnes informations sur tous les avantages de la transition écologique. Mais nous vous apportons aussi toute l’aide dont vous avez besoin par le biais de financements, d’assurances et de solutions de leasing. Enfin, grâce à des services innovants, nous voulons offrir une réponse globale aux besoins de mobilité de demain.

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02.05.2023

Déplacements professionnels : la montée en puissance du vélo !

Aller travailler à vélo plutôt qu’en voiture ? Cela devient de plus en fréquent. Expert en solutions de mobilité, Philippe Kahn nous explique comment et pourquoi.

Réinventer nos modes de déplacements pour en limiter l’impact environnemental : les comportements commencent à changer et l’utilisation du vélo monte en puissance, y compris et surtout pour les déplacements professionnels. C’est de ça dont nous parle Philippe Kahn, Mobility Solutions Expert chez Arval BNP Paribas Group.

Deux Belges sur trois adeptes de la mobilité douce, et principalement du vélo

Selon l’enquête « Mobility Tomorrow & Beyond » menée par Profacts, deux Belges sur trois ont adopté la mobilité douce. « Mais le grand changement, c’est surtout l’utilisation de plus en plus fréquente du vélo pour les déplacements professionnels et les trajets domicile – lieu de travail. Par ricochet, cela inclut aussi ceux vers l’école ou la crèche, facilités par l’arrivée sur le marché de vélos cargos électriques », précise Philippe Kahn.

Un cadre réglementaire favorable

Mais quels sont les éléments pouvant expliquer ce recours plus fréquent au vélo pour les déplacements professionnels ? « Pointons tout d’abord l’évolution du cadre réglementaire », répond Philippe Kahn. « La création du budget de mobilité fédéral a ouvert les portes d’une mobilité alternative intéressante pour tous les employés et employées. Ce budget permet en effet de choisir un vélo d’entreprise confortable dans le contexte d’un package salarial fiscalement avantageux. Ce budget de mobilité peut d’ailleurs même être utilisé pour couvrir les coûts de votre logement si vous travaillez plus de la moitié du temps à domicile ou si vous habitez dans un rayon de 10 km de votre lieu de trav ail. Il est donc par exemple possible de remplacer une voiture d’entreprise par un mix vélo électrique et intervention dans ces frais de logement. Par ailleurs, deux mesures effectives depuis le 1er mai 2023 devraient encore renforcer cette tendance : la hausse de l’indemnité vélo pour les trajets domicile – lieu de travail qui passe à 27 cents nets par km parcouru, mais aussi l’extension du droit à cette indemnité à tous les salariés belges. Concrètement, cela signifie que ceux et celles qui choisissent le vélo pour ces déplacements en sont désormais récompensés de manière substantielle.»

Les investissements dans les infrastructures publiques portent leurs fruits

Un autre élément important explique l’utilisation accrue du vélo : l’évolution des infrastructures routières. Philippe Kahn : « Ce qui peut vous convaincre de prendre le vélo pour vous rendre au travail, c’est la certitude d’effectuer votre trajet en toute sécurité. Il y a quelques années, le trajet à vélo pour aller par exemple travailler à Bruxelles pouvait s’avérer périlleux. Mais aujourd’hui, les infrastructures dédiées aux cyclistes rendent ces trajets de plus en plus sûrs, notamment grâce aux autoroutes cyclistes sur lesquelles ne circulent que des vélos. Outre la Flandre et ses grandes villes, les investissements dans les infrastructures sont à présent une réalité dans le reste du pays. Ces dernières années, Bruxelles a connu des changements significatifs, et les choses commencent aussi à bouger en Wallonie ».

Un Belge sur deux habite dans un rayon de 15 km de son lieu de travail

La distance à parcourir pour se rendre au travail joue aussi un rôle crucial dans l’attractivité du vélo. « Un Belge sur deux habite à maximum 15 km de son lieu de travail, une distance que l’on peut facilement parcourir à vélo », ajoute Philippe Kahn. « L’évolution des infrastructures couplée à cette réalité fait qu’enfourcher son vélo pour ses déplacements professionnels est une option tout à fait réaliste pour beaucoup de Belges. Et l’indemnité de 27 cents par kilomètre va en prime encore plus les encourager à franchir le pas. »

Le budget de mobilité fédéral, c’est quoi ?

Ce dispositif permet de répartir entre trois piliers le budget initialement alloué à la voiture de société dans un package salarial. Ces trois piliers sont :

  • une voiture émettant pas ou peu de CO2 (moins de 95 g/km), comme un véhicule électrique ;
  • des moyens de transport durables, et notamment le vélo, mais aussi dans certains cas la prise en charge des frais de logement, comme le loyer ou le remboursement d’un prêt hypothécaire ;
  • le solde du budget mobilité versé en cash.

Ce mécanisme du budget de mobilité permet par exemple d’abandonner un véhicule de société thermique au profit d’une voiture électrique et d’un vélo, et ceci aux mêmes conditions fiscalement avantageuses, tant pour l’employeur que pour l’employé ou l’employée.

78% des vélos en leasing professionnel sont électriques

Pour répondre aux besoins des entreprises et de leur personnel, Arval a intégré dans son offre le leasing de vélos. Ce leasing « full services » couvre entre autres l’entretien, le dépannage, les assurances ou encore les réparations, comme cela se fait traditionnellement pour une voiture. Et c’est aussi l’occasion pour Philippe Kahn de pointer des tendances très significatives. « 60% d’e-bikes et 18% de Speed Pedelecs : au total, 78% de nos vélos d’entreprise utilisés en leasing sont électriques.

On remarque aussi très clairement le succès des vélos haut de gamme, avec un coût qui s’élève à plusieurs milliers d’euros, par exemple des vélos cargos électriques. Pourquoi ce succès ? Sans doute par opportunité : le budget mobilité ou le plan cafétéria de l’employeur permet d’acquérir de telles machines. Mais c’est peut-être aussi une conséquence des spécificités de notre réglementation fiscale : cet incitant fiscal sera d’autant plus significatif que le vélo sera cher. Autre observation intéressante : lorsque le vélo remplace un véhicule automobile, il s’agit généralement de la deuxième voiture de la famille. On n’assiste donc pas encore à un remplacement radical de l’auto par le vélo, mais l’apparition du vélo d’entreprise permet dans tous les cas de réduire le nombre total de kilomètres parcourus en voiture. »

Les applications digitales pour mettre le grand braquet

Pour conclure, Philippe Kahn pointe un dernier élément susceptible d’aider le vélo à s’imposer comme mode de déplacement professionnel. « Je pense que la technologie, et en particulier les applications digitales, peuvent changer beaucoup de choses. On peut s’attendre à ce que ce marché d’applications dédiées aux déplacements cyclistes professionnels se développe fortement. Déjà maintenant, le business model de la location de vélo électrique ‘on the go’ se base sur une application pour smartphone. Imaginez donc le succès que pourrait avoir une application permettant d’obtenir un itinéraire ‘bike friendly’, sûr et adapté au vélo pour les trajets professionnels, et le nouveau coup d’accélérateur que ça pourrait induire pour ce type de déplacements ? » conclut Philippe Kahn.

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