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05.04.2017

Paiements internationaux : le processus décortiqué

Que se passe-t-il dans les coulisses d'un paiement international ? Ouvrons la boîte noire et passons en revue les différentes étapes du processus.

Mieux comprendre le processus permet d’éviter bien des erreurs. Un petit dessin valant souvent mieux qu’un long discours, commencez par regarder cette animation qui développe les principes de base des paiements internationaux.

Passons en revue les 4 étapes du traitement d’un paiement international

1. Le client transmet l’ordre de paiement à sa banque
L’instruction de paiement est envoyée à la banque via une plateforme bancaire en ligne (e-banking) ou via un système de ‘bulk-upload’, c’est-à-dire le transfert d’un fichier reprenant une série de paiements.

  • Certains systèmes d’e-banking appartiennent à une seule banque (comme Easy Banking Business chez BNP Paribas Fortis), tandis que d’autres sont aptes à communiquer avec plusieurs banques, comme SWIFTNet et Isabel.
  • Un nombre limité de grandes entreprises et d’organismes publics sont en mesure d’envoyer à leur banque, directement à partir de leur propre système ERP, de gros volumes de paiements grâce à la fonction  bulk-upload (également appelé host-to-host).

Veillez à reprendre dans vos instructions de paiement toutes les informations indispensables. Pour les transactions en dehors de la zone SEPA, il est fréquent que des règles spécifiques s’appliquent. En voici quelques exemples :

Vous avez des doutes ? Consultez toutes les informations utiles sur les devises dans notre Currency Guide des paiements internationaux.

2. La banque valide l’ordre et lance le processus de paiement
La banque s’assure de la conformité des instructions de paiement (respect des règles de compliance). Elle vérifie notamment que les paiements ne sont pas destinés à des pays sous embargo ni à des  personnes/entités soumises à des sanctions financières. Les listes de pays sous embargo peuvent provenir de  l'UE, des États-Unis, de l'ONU et même de certains pays.

3. La banque choisit le routage approprié pour effectuer le paiement
Pour les paiements en EUR dans la zone SEPA, des systèmes de compensation spécifiques ont été mis au point. De tels systèmes reliant des banques ou des devises entre elles n’existent nulle part ailleurs au monde, ce qui explique la complexité des paiements internationaux. Votre banquier doit chercher des banques correspondantes afin de pouvoir transférer l'argent auprès du bénéficiaire final. Les banques comptent généralement un ou plusieurs correspondants dans chaque pays où elles souhaitent proposer des services de paiement. Une fois cette chaîne établie, l’argent peut transiter par l’ensemble des banques choisies. En fonction de certains critères, votre banquier déterminera le chemin optimal que votre argent devra suivre. En voici les principaux :

  • 'In House'
    Les paiements entre comptes dans la même banque. Il s’agit d’un mouvement comptable au cours duquel l'argent ne quitte pas la banque.

  • 'Compensation'
    Les volumes quotidiens de transactions entre banques sont gigantesques. Ils sont traités via des systèmes de compensation (clearing) qui traitent les paiements sur une base nette : tous les paiements entrants et sortants sont listés par la banque. On calcule ensuite le montant net que chacune des banques concernées doit percevoir ou bien verser. Cette opération est effectuée plusieurs fois par jour. C’est le Net Settlement. En fonction du système de compensation, on privilégiera d’abord les montants plutôt importants, les versements relativement urgents, ou bien les montants plus faibles, les gros volumes de transactions moins urgentes.

  • La ‘Banque Correspondante’
    Le règlement réel (settlement) ne peut se faire que dans le pays de la devise, donc par l’entremise d’un système de compensation local. Il arrive très régulièrement qu’une des deux banques concernées ne soit pas affiliée au système de compensation étranger. Dans ce cas, le routage vers ce système ne peut se faire de manière directe. La solution : passer par une banque correspondante qui, elle, dispose d’un accès au système de compensation local. Les banques possédant un tel réseau de correspondants sont nombreuses. Elles y possèdent des comptes (appelés comptes nostro) via lesquels elles acheminent les paiements. Les banquiers correspondants paient les sommes et une fois que la banque bénéficiaire reçoit l'argent, elle peut enfin payer le bénéficiaire.

4. Le client reçoit les détails du paiement
A l’issue du processus, un rapport est édité et le client est informé des opérations de débit – crédit via ses extraits de compte.

Attention aux devises sujettes à restrictions !

Les paiements internationaux ne sont possibles que dans des devises convertibles. Certaines devises sont sujettes à restrictions ; c’est le cas lorsque la législation locale interdit la sortie de devises. Cela signifie qu’en Belgique, vous ne pourrez, dans la devise concernée, ni ouvrir de compte ni effectuer de paiements internationaux.

C’est, par exemple, le cas du real brésilien (BRL). Les banques disposent toutefois d’un moyen de contourner cette interdiction. Elles passent un accord avec une banque correspondante qui a accès au marché national. Cette dernière envoie la contre-valeur en EUR ou USD, convertit le montant sur place en monnaie locale (le BRL en l’occurrence) et paie le bénéficiaire.

Quel est le rôle de SWIFT ?

Pour mener à bien le routage, les banques communiquent entre elles via le réseau SWIFT (Society for Worldwide Financial Communication, détenue par des organismes financiers internationaux). À chaque type de communication correspond une norme spécifique, comme MT 101, MT 202… SWIFT requiert également l’usage d’une adresse spécifique, c’est le code BIC (Bank Identification Code).

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26.10.2018

Comment obtenir automatiquement le meilleur taux de change ?

Les entreprises qui gèrent plusieurs devises n’ont guère envie de prendre des risques avec les taux de change et de s’embarrasser de tracasseries administratives. La banque a élaboré une solution en coulisses : le service « embedded FX ».

Embedded FX ? Ne vous cassez pas la tête à essayer de retenir ce nom, car le système fonctionne de manière entièrement automatique, sans même que vous ayez à y penser. Non, FX n’est pas le nom des derniers effets spéciaux utilisés à Hollywood, c’est tout simplement l’abréviation de Foreign Exchange, aussi parfois appelé Cross Currency. Vous y serez certainement confronté si vous effectuez des paiements internationaux. Ces derniers ne sont pas toujours réalisés dans la devise du compte de débit (ce que l’on appelle les « mono-currency payments », les paiements mono-devises). Il arrive que la devise du paiement du compte à débiter diffère de celle du compte à créditer. Ce sont les paiements FX. Une opération de change se produit durant les paiements : une devise est vendue et une autre est achetée sans que vous ayez à intervenir.

Les volumes sur le marché FX sont peut-être légèrement supérieurs à ce que vous croyez. En réalité, ils sont gigantesques ! Chaque jour, on y échange plus de 5 billions de dollars ! Ce qui équivaut à 5.000 milliards de dollars, soit plus que le marché mondial des actions… en une seule journée. Le marché FX tourne jour et nuit et ne ferme que le week-end, du vendredi 22h au dimanche 22h.

Wim Grosemans (Head of Product Management Payments and Receivables du BNP Paribas Cash Management Competence Center) :

« Sur ce marché FX, les banques jouent en quelque sorte le rôle d’un grossiste : elles achètent et vendent des devises sur le marché international pour ensuite les revendre à leurs clients avec une marge. BNP Paribas est un des plus grands acteurs, elle se trouve dans le top au niveau mondial. Il n’existe pas un taux de marché officiel pour ce marché de gré à gré (OTC ou over-the-counter). Chaque banque détermine le taux auquel elle veut acheter ou vendre des devises. Un taux du marché officieux peut être obtenu dans des publications de certaines institutions publiques (comme la Banque Centrale Européenne) et des organisations privées (Reuters, Bloomberg…). Celles-ci se basent sur le taux moyen proposé par un certain nombre de grandes banques. »

Le taux est toujours fixé par paire de devises (currency pair), par exemple, l’euro contre le dollar américain : EUR/USD = 1,1119. C’est la paire la plus échangée, elle représente en effet 25 % des transactions quotidiennes. En deuxième position, on trouve la paire dollar américain - yen japonais (USD/JPY), avec 18 %. La paire livre sterling - dollar américain (GBP/USD) arrive troisième avec  9 %.

Alwin Vande Loock (Product Marketing Manager Payments and Receivables du BNP Paribas Cash Management Competence Center) :

« En ce qui concerne les taux, les banques offrent différentes options. Le taux peut être un live market rate, un taux de marché mis à jour en continu. Le taux de change de l'euro contre le dollar américain est ajusté, par exemple, plus de 50 fois par seconde. Une autre option peut être un taux quotidien. Dans ce cas, un taux sera applicable durant une période déterminée. »

De nombreuses entreprises ne savent pas où donner de la tête avec toute cette problématique de taux de change. Trop complexe, trop coûteux en termes d'administration et des risques de change trop importants. Pour ces clients, les banques ont une solution : l’embedded FX.

Wim Grosemans (Head of Product Management Payments and Receivables du BNP Paribas Cash Management Competence Center) :

« Lorsque vous effectuez un paiement dans une devise dans laquelle vous ne possédez pas de compte, la banque va collecter immédiatement un taux concurrentiel chez les collègues dans la salle des marchés de la division Global Markets. Normalement, le taux est confirmé dans l’heure qui suit le paiement envoyé par le client. À moins qu'il ne s’agisse de montants importants, l’ensemble du processus se déroule de manière automatique. L’informatique est nettement plus performante qu’il y a quelques années, de sorte que la banque est moins vulnérable à la volatilité des marchés et elle peut offrir un taux concurrentiel à ses clients. Embedded FX est une alternative efficace et simple pour ceux qui ne souhaitent pas ouvrir des comptes dans des devises différentes, avec tous les risques de change que cela comporte. Pour le client, peu importe la devise qu’il utilise : son expérience ne s’en ressentira pas. Et il peut dormir tranquille, il sait qu’il obtiendra d’office un taux compétitif. »

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12.09.2018

Fonds de roulement. Bien plus qu’un simple terme de comptabilité

Le fonds de roulement, ou plus précisément le fonds de roulement net global, donne une indication sur la liquidité opérationnelle d’une entreprise. Et bien plus encore.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce terme de comptabilité ? Un élément déterminant du succès d’une entreprise puisque celui-ci dépend en grande partie de la façon dont elle gère son besoin en fonds de roulement.

Différence entre fonds de roulement et besoin en fonds de roulement

En analyse financière, le fonds de roulement donne une indication sur la liquidité opérationnelle d’une entreprise. De celle-ci dépendent la gestion de l’entreprise mais aussi sa valeur et son accès au crédit bancaire. Le fonds de roulement se calcule comme suit :

Fonds propres et autres capitaux à long terme – actifs immobilisés

Si le résultat est positif, cela signifie que vous disposez de capitaux à long terme suffisants pour financer la chaîne de production. Si le résultat est négatif en revanche, c'est votre chaîne de production qui devra assurer le financement à long terme.

Dès lors, il devient également nécessaire de calculer votre besoin en fonds de roulement :

Actifs circulants (hors trésorerie) – passifs circulants (hors dettes financières)

Le résultat indiquera le montant dont votre entreprise a éventuellement besoin pour financer sa chaîne de production. Il peut être positif ou négatif :

  • Un résultat positif indique que les dettes commerciales de l'entreprise ne sont pas suffisantes pour couvrir ses actifs à court terme (hors actifs financiers). Elle pourra bien-sûr puiser dans son fonds de roulement. Mais si celui-ci s'avère insuffisant, elle aura besoin de ressources financières complémentaires à court terme pour financer son cycle d’exploitation.
  • Un résultat négatif indique que l’entreprise peut sans problèmes faire face à ses dettes à court terme. Il lui reste conseillé de (continuer à) réduire son besoin en fonds de roulement.

En bref, le fonds de roulement est un indicateur de la liquidité opérationnelle d’une entreprise, tandis que le besoin en fonds de roulement représente le montant dont une entreprise a besoin pour financer sa chaîne de production.

Cela revient à dire qu’une entreprise doit limiter autant que possible son besoin en fonds de roulement afin d’améliorer sa liquidité. Il s’agit là d’une nécessité vitale surtout en période économique difficile. Dans ce contexte, les clients ont en effet tendance à payer plus tard alors que vos stocks grossissent et que vos fournisseurs vous imposent des délais de paiement plus serrés. La part de fonds de roulement bloqué dans votre cycle d’exploitation ne fait que grossir alors même qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des ressources financières complémentaires.

Conclusion

Optimaliser votre fonds de roulement ne doit pas seulement être une préoccupation à long terme. Vous pouvez, dès à présent, exploiter mieux ou davantage les liquidités se trouvant dans votre entreprise et plus précisément dans les processus d'achat, de production et de vente au sein même de votre cycle d'exploitation.

Votre fonds de roulement et votre besoin en fonds de roulement doivent être en parfaite adéquation. Structurellement, le besoin doit être inférieur au fonds de roulement et il est préférable de se ménager une certaine marge. En réalité, il n'existe toutefois aucune formule mathématique pour déterminer les montants idéaux. Ceux-ci dépendent notamment du secteur, de l'activité et du modèle d'entreprise.

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30.08.2018

Transparence ? Non, merci !

La blockchain est basée sur la transparence et le partage avec le plus grand nombre. Mais une telle ouverture est-elle propice au monde des affaires ? Une piste, la “permissioned private” blockchain ?

Par essence, la blockchain est un phénomène public auquel tout le monde peut participer. Pour les entreprises, ce manque de confidentialité n’est pas vraiment un bon point de départ. Si elles font usage de la blockchain, elles ne voient pas forcément d’un bon œil que tout le monde accède ainsi à leurs données. La ‘permissioned private’ blockchain pourrait être la solution. Dans un réseau de ce type, les organisations partagent en toute confiance leurs informations avec des partenaires autorisés. Toutes les parties doivent en effet s’identifier et seuls les participants autorisés y ont donc accès.

Jean-Luc Verhelst, auteur et consultant en matière de blockchain : « Une permissioned private blockchain permet à un nombre limité de parties de s’échanger entre elles des informations. Ensemble, elles ont le loisir de créer une organisation tierce qui puisse exécuter certaines tâches pour toutes les parties. »

Un programme de fidélisation créé par des entreprises en est un bon exemple. Traditionnellement, chacune collecte séparément les données de ses clients : identité, achats, points collectés… Dans le meilleur des cas, elles s’échangent ensuite leurs informations respectives.

Jean-Luc Verhelst : « Voici la nouvelle approche : avec vos concurrents, vous créez un acteur externe chargé de mener cette activité pour toutes les entreprises concernées. Il n’est dès lors plus nécessaire de s’échanger des informations. Vous introduisez les données de vos clients dans la blockchain et tout le monde y a automatiquement accès. La création d’une tierce partie coûte de l’argent. Dépense qui doit donc être compensée par des avantages. Actuellement, cette formule reste principalement réservée aux grandes entreprises. Mais une fois la blockchain établie, vous ne devez plus trop y prêter attention. Un consultant externe peut aider les entreprises à créer leur blockchain, ou alors ce sont leurs collaborateurs qui s’en occupent, organisés en équipe de projet.»

Information authentique

 Si lorsque l’on parle de transparence, les entreprises ne débordent pas d’enthousiasme, l’idée d’assurer la fiabilité de l’information éveille bien leur intérêt. A ce titre, la permissioned private’ blockchain est une bonne réponse.

Jean-Luc Verhelst : « Prenons l’exemple de deux sociétés pharmaceutiques qui veulent unir leurs forces en R&D afin de développer un nouveau médicament. Chaque partenaire voudra évidemment s’assurer que les données qu’il reçoit de son concurrent soient bien des informations correctes et fiables. Personne ne souhaite investir dans des années de recherche pour constater qu’elles sont basées sur des données erronées. La private blockchain vous garantit que tout le processus de R&D a été correctement établi. Les deux partenaires peuvent faire appel à une partie externe pour vérifier que toutes les informations soient bien correctes du début à la fin de la chaîne. Pour les deux entreprises, c’est une garantie qu’elles disposent d’informations authentiques. »

Un phénomène temporaire

Verhelst n’est pourtant pas un fan inconditionnel de la private blockchain. Les frais d’entrée sont élevés, d’autant plus si l’on considère que cette technologie n’est pas encore 100 % mature. De plus, l’auteur est d’avis que toutes les applications finiront par passer au modèle de la blockchain publique.

Jean-Luc Verhelst : « La fracture entre la blockchain privée et la blockchain publique est comparable à celle des débuts entre l’intranet et l’Internet. Dans les années 90, toutes les grandes entreprises ont développé un intranet. Jusqu’à ce qu’elles comprennent que l’Internet, combiné au cloud, constituait une bien meilleure solution. Je pense que  la blockchain privée fera l’objet de plusieurs expérimentations avant que l’on ne passe à autre chose. Les entreprises peuvent déjà faire beaucoup avec une base de données standard et partagée, affranchie de ses clés d’accès administratives.»

Une opinion partagée par Marc van der Chijs. Ce crypto-entrepreneur néerlandais a participé à la création de Tudou, le site chinois d’hébergement de vidéo. Il a aussi investi une grande partie de sa fortune dans les cryptomonnaies, comme le bitcoin.  La blockchain privée, il n’y croit pas vraiment, c’est ce qu’il a confié lors d’une récente interview. « Pour améliorer leurs processus, certaines entreprises veulent développer elles-mêmes des applications de blockchain alors que, dans certains cas, une simple base de données ferait aussi bien l’affaire. Selon moi, ce n’est qu’un phénomène temporaire. Au final, tout le monde optera pour une blockchain publique, comme la bitcoinblockchain. »

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22.08.2018

Blockchain et logistique ? A première vue, un coup de foudre !

La blockchain et le secteur logistique sont faits pour s’entendre. Dans certains cas, la chaîne peut même s’étendre jusqu’au caddie du consommateur.

IBM qualifie la blockchain de technologie clé. L’ingénieur belge Sophie Vandebroek codirige le groupe de recherche de 3 000 personnes du géant technologique américain. Dans une récente interview donnée au Tijd, elle déclare qu’IBM a déjà mis en œuvre plusieurs réseaux basés sur la blockchain. L’idée est de permettre aux entreprises et à leurs fournisseurs de collaborer en toute transparence. « Nous avons créé une joint-venture avec Maersk, grand armateur spécialisé dans le transport par conteneurs. Objectif : tracer ses millions de conteneurs tout au long de leur trajet. Ce type d’opération implique de nombreux tiers. La blockchain aide à fiabiliser et à sécuriser les flux logistiques. Si une cargaison est bloquée quelque part dans un port, elle est immédiatement repérée. »

La blockchain semble être faite pour la logistique. Cette technologie devrait permettre d’économiser énormément d’argent et de temps, Koen De Leus, économiste en chef au sein de BNP Paribas Fortis, en est aussi convaincu.

Koen De Leus : « Le transport par conteneurs est un très bon exemple. Ce mode est relativement peu coûteux en soi. C’est principalement l’administration qui fait grimper les coûts. Créer un journal de bord au moyen de la blockchain éviterait toute cette paperasserie. À l'arrivée, l’enregistrement des conteneurs serait alors automatisé. Ce qui, combiné avec l’Internet des objets et l’échange de données par Internet, peut donner naissance à de nouveaux produits & services et des business models innovants.. »

Contrôle de température

L’industrie alimentaire pourrait aussi en tirer profit. La nourriture doit généralement être transportée sous une température donnée. En impliquant la blockchain, le suivi du trajet entier pourrait être automatisé.

Koen De Leus : « Des capteurs surveillent la température et envoient les données vers la blockchain à des moments et à des endroits bien précis. Du fournisseur au sous-traitant en passant par le transporteur et le distributeur jusqu’au commerce de détail, tout est répertorié. Le consommateur a ainsi la certitude que ses légumes et sa viande arrivent dans les rayons selon les règles convenues. Et il connait ainsi l’origine de chaque produit. »

Les règles en question sont formulées par les utilisateurs de la blockchain dans un « smart contrat ». Le terme smart, ou intelligent, porte sur le fait que la technologie vérifie si le contrat est respecté. Dans l’exemple du contrôle de la chaîne du froid, le destinataire n’acceptera la livraison que si la température a été respectée à toutes les étapes. Le contrat intelligent n’a pas été respecté tout au long de la blockchain ? La cargaison est tout simplement refusée. Dans notre exemple, ce sera le cas si la température dépasse à un moment donné la limite autorisée.

Jean-Luc Verhelst, auteur et consultant spécialisé en blockchain : « Toute infraction éventuelle peut même être signalée en temps réel via un système d’alarme qui permet d’intervenir directement. Le « smart contract » peut même contenir une clause d’assurance et générer automatiquement, en cas de défaut de température, un remboursement par la compagnie d'assurances. »

La nécessité des audits

Tout cela semble très prometteur, mais la réalité est généralement moins idyllique. La connexion entre le monde physique et le monde numérique demeure un défi majeur. Les deux univers doivent être parfaitement cloisonnés.

Jean-Luc Verhelst : « Il serait assez simple de tricher avec les capteurs de chaleur. Exemple : un transporteur malveillant fraude le mécanisme de contrôle en attachant un sac de glace au capteur. Il faut par conséquent pouvoir faire confiance à chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement. Voilà une hypothèse assez ambitieuse… Cependant, les gens se méfieront avant de falsifier les données car une telle manipulation laissera toujours une trace dans la blockchain. Mais transparence ne veut pas tout à fait dire totale étanchéité du système. Les audits demeurent indispensables. »

Des œufs ou des diamants ?

D’un point de vue logistique, certains produits se prêtent mieux aux applications basées sur la blockchain. Par exemple, prenons le cas des œufs. Ils peuvent certes être facilement tracés. Mais que ce soit chez le pâtissier ou à l’usine, ils finissent par se retrouver dans des tartes ou autres préparations. Alors, comment savoir si votre gâteau contient des œufs en provenance d’un fournisseur belge ou néerlandais ? La réponse à cette question demeure extrêmement compliquée.

Jean-Luc Verhelst : « D’autres produits sont nettement plus propices à la technologie de la blockchain. Un diamant, par exemple, est unique. Chaque pierre est identifiable sur base de plusieurs dizaines de données. Introduisez cette empreinte dans une blockchain et vous saurez à 100% d’où il vient et qui en est le propriétaire à ce moment-là. »

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